LE CABINET DC ROI 3S
était devenu « auditeur » dans le rég^iment du kronprinz et avait été pris en affection par celui-ci, en partie à cause de sa haute taille ; nommé conseiller à la chambre aulique des finances et anobli par Frédéric I", il obtint le 4 mars 1713 les charges de conseiller secret réel, conseiller de guerre et contrôleur général de toutes les caisses, avant d'être placé, en qualité à' Oberdirecior , à la tête du Directoire des finances en 1719, puis d'occuper un rang élevé dans le Grand Directoire en 1723. Lors de ses absences en 1714, le roi chargea Creutz de lui expédier toutes les pièces à signer, et même, le 18 août 1714, de traiter seul avec Printzen les affaires d'État; en janvier 1720, il vantait dans un reso'it les services rendus par lui, " avec un zèle infatigable et une fidélité irréprochable » . D'après une dépêche de l'envoyé imjîérial, du 2 mai 1713, Creutz passait pour avoir un grand ascendant sur son maître. Ennemi de la vieille noblesse, il garda toujours .1 l'air bourgeois » , au dire de Pœllnitz; tout en préchant l'économie, il s'enrichit de son mieux, comme Grumbkow.
Frédéric Guillaume avait besoin de ministres, mais les tenait dans une éiroite subordination ; c'étaient des instruments utiles qu'il entendait manier à sa guise. Au lendemain de son avènement, rapporte Manteuffel, le roi donne des ordres difficiles à exécuter, et déclare qu'il ne demande « ni conseil, ni raisonnement, mais de l'obéissance » ; le même diplomate constate quelques jours après qu'il veut « être le maître et régner à sa mode » , traitant ses ministres poliment, « pourvu qu'on soit exact » . C'était le début d'une nouvelle forme de gouvernement, de ce qu'on a appelé fort justement " le gouvernement de cabinet » , régime despotique propre à permettre toutes les initiatives du souverain et la prompte exécution de ses desseins, favorable à la réalisation des réformes sous un prince actif et éclairé, funeste par contre sous un prince incapable ou paresseux. Le nouveau roi, écrivait l'envoyé impérial, est mécontent qu'on s'adresse à ses ministres, sous prétexte que ces » barbouilleurs de papier « ne peuvent rien sans lui. Un an plus tard, à la suite de brouillamini ^ro-