‹ Histoire de PrusseChapitre 242 sur 410 · GOUVERNEMENT PERSONNEL · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT PERSONNEL

voqués par l'envoyé de Holstein, Frédéric Guillaume interdit quelque temps toute conversation entre les représentants étrangers et ses ministres (9 août 1714 . Pour les affaires du royaume, il distingfua dès avril 1713 ce qui devait être adressé aux bureaux et ce qui devait lui parvenir directement, et il prit l'habitude de régler les principales affaires par des (i ordres de cabinet" . C'est Creutz qui les rédigea jusqu'en 1717; ensuite ce fut le secrétaire particulier Samuel Marschall, en attendant des personnalités encore plus effacées, les Eichel, les Schumacher, les Lautensack. Déjà en février 17 IG, le résident de Hanovre racontait que Frédéric Guillaume n'avait de rapports avec ses ministres que « par écrit » , et n'était visible qu à certains officiers » d'une trempe fort médiocre » . Le système ne fit que s'aggraver. Sans aller encore jusqu'à ne voir ses ministres qu'une ou deux fois par an (comme fera Frédéric 11), Frédéric Guillaume communiqua surtout avec eux au moyen de notes marginales, apposées sur leurs mémoires. Du reste, plus il avança en âge, plus il se défia des gens de qualité, les regardant comme trop indépendants et leur préférant des gens du commun, des Klàfjer (clabaudeurs) , " qui se piquent un peu moins d'honneur » et obéissent « sans raisonner " .

Étant donnée la maxime, on ne s'étonne pas de voir le roi intervenir personnellement dans tous les domaines, et à sa façon, c'est-à-dire sans ménagements : il exerçait lui-même ses soldats et les rossail à loccasion; il faisait lever à coups de poing le maître des postes de Potsdam qui laissait en panne les voyageurs; ces exemples rendaient tout le monde « alerte et exact » . Il visitait maisons bourgeoises et ateliers, pour voir si tout était dans Tordre. La légende prétend même qu'il se déguisait pour se mêler à la foule et mieux entendre ce qu'on disait de lui. « Il est plus dur que le tsar et Charles XII » , pensaient ses fonctionnaires : il avait toujours à la bouche la menace des travaux forcés, de la brouette (Karre), et l'envoyé saxon écrivait le 23 avril 1713 : « Autrefois l'on ne menaçait que de Spandau. Cet heureux temps n'est plus : on ne

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