CHANGEMENTS A LA COUR
parle de moins présentement que de la brouette, dès qu'on croit, comme on le croit souvent, qu'un tel ou tel ne fait pas son devoir » .
C'est de la sorte qu il procéda durant les premiers mois du règ^ne, tandis que se déroulaient de province en province les cérémonies traditionnelles de l'hommag^e.
La cour subit la première des changfements considérables. Tout ce qui avait fait l'orgueil et la joie du feu roi fut supprimé ou réduit au strict minimum; au lieu du bruit et du mouvement qui avaient rempli le Château de Berlin, il rég^na un grand silence (grosse Stille), comme dit Fassmann. La juive Liebmann, accusée d'avoir abusé de la passion de Frédéric I" pour les pierreries et d'avoir réalisé des gains scandaleux, fut arrêtée; la vaisselle plate, l'argenterie, les médailles en or, sauf certaines pièces choisies par Frédéric Guillaume lui-même, les vases et objets en métal précieux, furent portés à la monnaie et fondus, les vins fins des caves royales mis aux enchères, les chevaux des écuries réduits de 6 200 à quelques centaines; chevaux et carrosses superflus furent vendus à la foire de Francfort; les animaux de la ménagerie furent cédés au roi Aug^uste de Polog^ne. En même temps, l'énorme personnel de l'ancienne cour était cong^édié : tous les chambellans, sauf quatre, tous les gentilshommes de la chambre, tous les pages, près de trois cents valets d'écurie, tous les musiciens sauf un trompette. Étaient abolies les charges de grand chambellan, de maître héréditaire des postes, de grand héraut, de maréchal de cour, de grand-maître des cérémonies, etc. La cour transformée allait recevoir un règ^lement (21 avril 1713) abaissant de 142 à 47 le nombre des charges ou emplois. Des réductions sensibles étaient opérées sur le traitement ou les pensions du personnel conservé, et sur les fourrages accordés aux ministres : « Mon père en donnait tant» , déclarait Frédéric Guillaume le troisième jour de son règne, « afin que tout le monde le suivît à la campagne, et moi je le retranche, afin que chacun reste à Berlin » . Les dépenses de la cour qui, en 1712, avaient été de 276000 tha-