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MARIAGE DE WILHELMINE

château de Berlin et réduite à la portion congrue, elle a souffert de la faim. Elle n'a eu comme consolation que son affection pour son frère Frédéric, affection payée de retour: on le voit dans les lettres du kronprinz, écrivant par exemple à son sujet en février 1732 : «Je l'aime plus que ma vie. » Ensemble les deux enfants ont lutté pour se développer par la lecture et par l'étude, pour acheter en secret une vraie bibliothèque, pour défendre leurs goûts intellectuels, condamnés par le roi. Cependant la mince fillette, dont de nombreux portraits reproduisent la silhouette pleine de grâce chétive, a grandi en dépit de tous les mauvais traitements, de toutes les privations, de toutes les maladies, car elle fut sans cesse malade. Jeune fille, elle n'est pas bien jolie, faute de santé et de fraîcheur; mais c'est une princesse spirituelle, cultivée, une « fine mouche » dira plus tard son frère, et elle a résolu de faire sa paix, sinon avec sa mère qui n'admet pas ce qu'elle juge une mésalliance, du moins avec son père, en acceptant un époux de son choix. Plusieurs prétendants ayant été éliminés, notamment le duc de Saxc-Weissenfels, le fils du margrave de Baireuth est adopté : « l'incomparable Wilhelmine " , bénie par son père pour sa soumission, agrée en 1731 le « prince héréditaire » Frédéric, dont l'air noble, la physionomie ouverte et prévenante, l'espritgai, vif et prompt à la riposte, lui ont fait bonne impression; elle l'a dit plus tard à Pœllnitz, et le répète dans ses Mémoires. Le mariage a lieu à Berlin le 20 novembre 1731, selon les rites antiques et souvent ridicules de la « vieille étiquette allemande i> , avec le festin où le roi cherche à enivrer son gendre, la solennelle danse aux flambeaux fFacheltanzJ.^ le déshabillé de la mariée; le roi fait ensuite mettre à genoux sa fille et lui fait réciter le Pater et le Credo; il vient voir les mariés an lit le lendemain matin et leur donne un serWce en argent. Le temps des grandes épreuves est terminé, et Wilhelmine connaît des jours de bonheur auprès d'un mari jeune et amoureux : « Je crois » , dit-elle dans ses Mémoires en 1734, « que jamais deux cœurs n'ont été unis comme les nôtres » . D'autres épreuves

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