‹ Histoire de PrusseChapitre 253 sur 410 · LE PROCES DE · texte numérisé non relu

LE PROCES DE

dait comme un » déserteur » , fut conduit à VVesel en bateau, par le Rhin, et l'instruction commença (12 août 1730). Les scènes de violence narrées par Wilhelmine, qui a voulu dramatiser les choses, nont pas eu lieu, et le roi sut cette fois se maitriser. Son état d'âme était affreux cependant, et tout le prouve, se? menaces de faire juger et condamnei le coupable, aussi bien que les rigueurs sinistres qui s'abattirent sur ses complices, vrais ou prétendus tels. L'embarras du flagorneur Fassmann pour raconter 1 incident se comprend, mais comment a-t-il eu 1 impudence de se borner à dire qu'il v avait eu « quelque chose » (Eiwas) entre le père et le fils, quelque chose qui n'avait rien d inouï et dont on avait fait trop de bruit!

Tandis que le lieutenant Keith s'enfuyait à La Haye et de là gagnait Londres, Frédéric fut conduit à la forteresse de Custrin, après un interrogatoire, à Mittenwalde, par quelques officiers, dont le général Grumbkow; on dit qu'il fit le brave et traita les enquêteurs du haut en bas. Il fut habile, en tout cas, et à Mittenwalde, ainsi qu'à Custrin le 16 septembre, répondit, avec ane 'dignité et un tact admirables, à près de deux cents questions, souvent très embarrassantes : repoussant l'aveu d'avoir manqué à l'honneur, et refusant d'être « son propre juge » , il demanda pardon pour ses torts, et s'en remit « à la grâce et à la volonté du roi » . Ce dernier le punit de son adresse par la plus dure captivité : tenu au secret, mal nourri pour quelques sous par jour, privé de couteau et de fourchette, de plume et d'encre, n'ayant pour s'éclairer le soir que des chandelles, pour se distraire que des livres de piété, le kronprinz attendit dans l'angoisse la sentence du conseil de guerre, réuni à Kœpenick, près Berlin, sous la présidence du lieutenant-général de Schulenbourg. On a ignoré longtemps ce qui se passa là. Les documents publiés par Preuss, et les actes du procès, étudiés par Koser et Lavisse, ont fait la lumière complète.

Après trois jours de délibérations, les quinze membres du conseil de guerre se déclarèrent incompétents pour juger

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