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DISSIMULATION ET TRAVAIL

observer à l'ég^ard de son père une attitude « unie, naturelle, respectueuse » , lui répondre Franchement, ne le contredire qu en déclarant une erreur possible; être gai sans raillerie, s'altacher à la reli{jion, ne se mêler d'aucune affaire politique, militaire, ni domestique; ménager ceux que le roi aime, en particulier les généraux et officiers. L'instruction de Grumbkow, où il ne s'oubliait pas lui-même, bien entendu, et réclamait la confiance du kronprinz {!), est une source de premier ordre pour connaître à la fois a le terrain glissant et scabreux « de la cour, et les manies du roi, que le Cassubien avait étudiés depuis longtemps avec une rare perspicacité.

Les mois suivants lurent une époque de travail assidu, où Frédéric pénétra les mystères de l'administration et de « l'économie n prussiennes, se plongea a dans le détail » , apprit la manière de faire « un plus » chaque année sur les domaines royaux, se forgea une doctrine industrielle et commerciale; il prit en même temps quelques distractions, tolérées sinon permises tout à fait, lisant, philosophant, rimant, commettant même des vers d'amour assez mauvais en l'honneur de la colonelle Louise Éléonore de Wreech, dans « l'ile de Galypso » , à Tamsel. L'idylle avec la « cousine » de Tamsel, et les vers que de Hille jugeait « bons pour un prince " , tandis que l'auteur les disait « assez mauvais pour empoisonner quelqu'un » , c'était plus ou moins du fruit défendu; Frédéric ne s'y livrait qu'avec réserve, selon le précepte ironique qu'il s'est alors donné pour règle, dans le refrain du Conseil à nioy-niesme :

Raisonnez, mais restez-en là.

L'essentiel était de ménager » le maître " , de « bien s'ennuyer » pour lui complaire, de faire oublier le passé.

Le mariage de Wilhelmine fut l'occasion d'un progrès dans cette voie : Fritz fut autorisé à venir à la cour. La margrave

(1) Assez vainement, malgré les assurances de dévouement contenues dans quelques lettres : u Sono tutus à toi » (janvier 1732), ou bien : « Après Dieu, je n ai confiance qu'en vous » (mai 1733).

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