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VIE HABITUELLE DU ROI

En 1720, l'affaire Klement est liquidée, mais après avoir duré plus de dix-huit mois, ébranlé des faveurs, rendu plus glissant le terrain de la cour, plus défiant et plus personnel le roi. Si celui-ei reste fidèle à certaines amitiés, celle d'Anhalt notamment, il n'est pas éloigné de se croire entouré d'espions et de traîtres, d'en voir parmi ses meilleurs ministres, de mépriser ou soupçonner tous ceux qui le servent; il semble que la reconnaissance lui soit devenue étrangère, et c'est d'un œil sec, presque avec satisfaction, qu'il verra disparaître ses plus anciens collaborateurs : Ilgen, dont il mentionnera seulement la mort, dans une lettre au prince d'Anhalt, avant de raconter une chasse aux sangliers (décembre 1728);' plus tard, Grumbkow, qu'il dira en 1739, devant Pœllnitz, à la tabagie, mort à temps pour ne pas être arrêté et condamné à cause de sa corruption.

Comme tout tournait autour du souverain, il importe de connaître l'ordonnance habituelle de ses journées. Ses biographes, Fassmann, Morgenstern, Pœllnitz, y ont longuement insisté. En quelque lieu qu'il résidât, il se levait de très bonne heure, expédiait sa toilette et sa prière, puis recevait ses conseillers et secrétaires de cabinet, à sept heures en hiver, à cinq heures en été; il lisait les dépêches les plus importantes, les annotait de ses remarques laconiques et originales, qui tranchaient les questions en peu de mots. Cela durait deux ou trois heures, après quoi il faisait entrer ses ministres et généraux pour leur donner ses ordres. A dix heures, il assistait à la parade, que suivait une visite approfondie des écuries. A midi, il paraissait au grand salon, où se trouvaient les généraux et officiers, les diplomates étrangers, et généralement toute la cour; après s'y être entretenu quelques instants avec les uns ou les autres, il passait dans la salle à manger. Là avait lieu le dîner de midi fMittagsessen) avec la reine, les princes et princesses de la famille royale, et quelques invités ; il y avait d'ordinaire dix-huit à vingt-quatre couverts, mais quel qu'en fût le nombre, l'importance du menu restait invariable, six plats au plus, et pour éviter une

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