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VIE HABITUELLE DU ROI

trop grande dépense, c étaient autant que possible des plats de gfibier. Le principal luxe de la table royale semble avoir été celui des vins, en général d'excellents crus du Rhin (les vins français étaient proscrits). D'ailleurs, très friand de bonne chère chez les autres, le roi se privait chez lui par économie. Il était fort ennuyé lorsque la venue d'hôtes de distinction^ comme en 1728 le roi de Pologne, Auguste le Fort, gros mangeur et grand buveur, l'entraînait à des extras; il revenait à l'ancienne économie tout de suite après leur visite. Un ordre au maréchal de la cour, daté du 13 juin 1 728, est caractéristique à cet égard; il est lait en prévision du prochain départ du roi Auguste : " Pour chaque jour, j'ai fixé la dépense de la table à 93 thalers, et non seulement il ne faut pas dépasser cette somme, mais quand je serai à Potsdam ou à Wusterhausen, et la reine à Berlin, il ne devra pas être dépensé plus de 70 à 72 thalers, et si la reine est avec moi, pas plus de 55. A partir de cette semaine, il faut recommencer à faire le menu de semaine ordinaire, et le remettre dimanche prochain. Sa Majesté veut également qu'on ne fasse pas de commandes à Hambourg ni en d'autres lieux à l'étranger, sans lui en demander expressément l'autorisation... » . Il revisait lui-même les comptes de son cuisinier, et il lui arriva de rayer une partie de ses gages pour le punir de l'avoir « atrocement volé « fverflucht gesiohlenj.

Après le diner durant lequel, si la conversation languissait, il faisait lire une gazette par un de ses bouffons, Frédéric Guillaume allait une ou deux heures chez la reine, pour la sieste; ensuite, il se promenait à pied ou à cheval avant de rentrer travailler dans son cabinet jusqu'à six heures. Le soir, enfin, une fois le mot d'ordre fParoleJ donné, il passait dans une chambre à l'écart, pour s'y détendre en buvant et fumant avec des intimes.

Très occupé par la tâche quotidienne, Frédéric Guillaume se permettait pourtant certaines distractions. Le matin, c'était la parade, qui l'intéressait particulièrement à Potsdam, lorsqu'il s'agissait d'inspecter son fameux régiment de grenadiers

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