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LE PLAISIR DE LA CHASSE

chasse à courre fParforce Jagd) était également très appréciée, y compris la chasse à l'épieu, périlleuse parfois, quand deux ou trois cents sangliers étaient lâchés à la fois dans un carré, comme le raconte Pœllnitz. Frédéric Guillaume y fut souvent blessé et en danger (notamment en janvier 1729). Il chassait aussi au vol, au printemps, avec des faucons achetés en Danemark, mais se lassa vite de ce sport, si cher à son père. L'historien Fœrster a publié les tableaux du royal chasseur : 25 066 perdrix, 1 455 faisans, et 1 145 lièvres, abattus au fasil de 1717 à 1738. Quant aux sangliers, il en a tué de sa main plusieurs milliers; rien qu'en 1729, Pœllnitz lui en attribue 1 720 en Brandebourg et 1 882 en Poméranie.

Des lois rigoureuses avaient de tout temps protégé le gibier dans les pays brandebourgeois et prussiens; elles furent encore renforcées sous Frédéric (ruillaume. Des édits de février 1718, de janvier et mars 1728, enjoignirent de pendre les braconniers pris dans les forêts royales, et si en 1730 la pendaison ne fut plus ordonnée qu'en cas de récidive, la peine de six ans de travaux forcés fut appliquée dès le premier délit. D'autre part, des amendes formidables punissaient ceux qui chassaient hors saison : une ordonnance de mai 1720 donne le tarif de 500 thalers pour un cerf tué dans ces conditions, 150 thalers pour un perdreau, 50 pour un lièvre ou un faisan. Il y avait un grand veneur, qui jouait un rôle actif, surtout pour la chasse aux loups ; la charge fut remplie alors successivement par le baron de Hertefeld et le comte de Schlieben.

Étant donné son amour pour la chasse, le roi avait naturellement un faible pour ceux qui l'y accompagnaient et s'y distinguaient; le prince d'Anhalt devait à ses goûts cynégétiques une partie de sa faveur; sa correspondance avec Frédéric Guillaume est pleine de récits de chasse ; quand le roi mourut, il légua au prince, non seulement un de ses meilleurs chevaux, mais aussi ses chiens. Par contre, la maladresse de Grumbkow, le rival d'Anhalt, a fait plus d'une fois l'objet de plaisanteries entre les deux illustres correspondants : en sep-

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