ACCROISSEMENT DES IMPOTS
ses contemporains, auxquels la dépense parait « terrible » ; le mot est de La Rosière en 1694, et pourtant c'est surtout à partir de 1695 que les prodigalités se multiplient (1). Pour se procurer les sommes nécessaires, Danckelman se voit forcé de recourir à des taxes extraordinaires et d'accroître le rendement des impôts ordinaires. La capitation (KopfsteuerJ est levée, soi-disant à titre exceptionnel, en 1690, 1691, 1693 et 1697, avec un tarif qui va (autre fiction dont personne n'est dupe) de l'électeur (1000 thalers en 1690 et 2 000 en 1697) au simple valet de ferme, taxé uniformément à 12 ffi^oschen (36 sows) . Certaines rég^ales, tombées eu désuétude, sont rétablies, par exemple le monopole du commerce des pierres meulières (29 avril 1689) ; certaines sommes sont levées pour des occasions spéciales, comme des mariages de princesses de la famille électorale (FràuleinsteuerJ. L'impôt des offices, dit aussi Marinesteuer, parce que son produit revient à la marine, est exigé des fonctionnaires maintenus dans leurs fonctions, et des privilégiés pour leurs titres, prébendes et franchises. L'impôt du papier timbré est renouvelé en mai 1695. Si l'élévation du taux de 1 accise ne grève pas trop les citadins, à qui s'applique sans doute la remarque de La Rosière que les Brandebourgeois paient >» peu de chose " à leur prince, le poids croissant de l'impôt foncier et de la contribution écrase les paysans, qui en sont presque exclusivement chargés. Enfin l'électeur demande des avances à des particuliers : le juif Jean Liebmann, joaillier, qui lui a déjà prêté plus de 50 000 thalers avant son avènement, lui en prête encore 200 000 en dix ans, et pour le rembourser il faut recourir à des mesures déplorables, notamment à des altérations de monnaies.
Ces mauvais côtés ne doivent pas faire perdre de vue les bons. Soit dans l'administration des domaines, soit dans celle des revenus de guerre, Danckelmann et ses collaborateurs
^1) On en trouve une preuve dans les nombreuses assignations sur certains fonds, auxquelles l'électeur a alors recours, et qui ressemblent singulièrement aux acquits au comptant de Louis XIV.