ASSEMBLÉES » ET CONCERTS
Pœllnitz, qui assista à quelques-unes de ces séances, dit que « leur ordinaire était trente ou trente-deux pipes de tabac » .
En temps habituel, les plaisirs de la cour étaient modestes. C'étaient des din'fers chez certains ministres, comme Ilçen ou Grumbkow, et chez les ambassadeurs étrangers, car le roi aimait à faire bonne chère gratis : le comte de Rottembourg et le marquis de La Chétardie le reçurent souvent, etl'envové impérial Seckendorf dut une bonne part de son crédit aux excellents mets qu'il fit déguster à son hôte. D'autre part, à Berlin, en hiver, des soirées dites assemblées furent orp-anisées , où le roi allait tantôt seul, entre hommes, tantôt avec la reine et ses enfants. Pour faciliter ces réunions, un vaste bâtiment, le Fûrstenhaus, était mis, moyennant un prix modéré, à la disposition de ceux que le roi désignait comme amphitryons, en les autorisant à percevoir un droit d'entrée sur leurs imdtés; à partir de 1733 même, l'entreprise des assemblées fut confiée à une sorte de baladin, Eckenberg, à charge d'en donner deux par semaine, le mardi et le vendredi. Frédéric Guillaume se dispensait ainsi d'onéreuses réceptions; quant à la reine, qui avait des goûts plus luxueux, elle ne tenait " appartement " le soir, qu'en l'absence de son époux.
Les concerts étaient peu fréquents, le roi n'entretenant qu'un orchestre fKapelleJ très restreint. On y donnait parfois des chœurs et aries de Heendel, mais Frédéric Guillaume préférait une musique moins sérieuse : il fut ravi, un jour, quand son « maître de chapelle » lui fit la surprise d'un sextuor de cochons, composé à propos d'une histoire racontée à la tabagie; les harmonies imitatives du morceau le firent rire aux larmes. Le plus souvent, musique était pour lui synonyme de bruit : la margrave de Baireuth raconte que, pour fêter l'arrivée à Potsdam de sa bru, en 1733, il « régala » la cour « d'une musique de janissaires » , exécutée par plus de cinquante nègres, avec trompettes, timbales et plaques de métal ; 0 tout cela réuni faisait un tintamarre épouvantable » .
Il y avait aussi des spectacles : opéras allemands à livrets ineptes; comédie allemande que Wilhelmine qualifie de