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LES SPECTACLES-ECRE>^BERG

« chien de spectacle » où tout le monde s'endormait d'ennui, mais que Frédéric Guillaume imposait pour l'amusement des « principautés » ; comédie italienne, sorte de farces dont Pantalon, Pierrot et Arlequin étaient les principaux acteurs. Le roi tenait, par une certaine vanité chauvine, à avoir un théâtre allemand, tout en se faisant parfois des scrupules, à. cause du caractère inconvenant et immoral des représentations; il a recommandé en 1722 à son futur héritier de ne pas tolérer les comédies, ballets et mascarades, pour ne pas augmenter « l'empire de Satan " . Il mettait d'ailleurs au-dessus de tout les prestidig^itateurs et les faiseurs de tours : de là le succès, sous son règne, d'Eckenberg, dit L'hotnmefort, un sellier du Harz passé acrobate et forain, qui, après avoir installé une maison de danse à Berne, avoir montré ses talents dans divers pays, et avoir épousé une danseuse de corde anglaise, obtint en 1731 l'autorisation de représenter à Berlin des comédies honnêtes, « à l'exclusion de toute pornographie scandaleuse » et de toute parole ou action répréhensible. Les « exercices » de la troupe d'Eckenberg, qui comptait trente personnes, furent durant quatre ans encouragés par Frédéric Guillaume; non seulement il donnait une subvention, mais encore il venait quelquefois avec toute sa famille, malgré le réalisme du langage et des situations.

Certains spectacles, encore moins délicats, étaient donnés de temps en temps, des combats de bêtes, comme ceux qui eurent lieu à Kœnigsberg en 1731 , où l'on vit dans une arène deux aurochs lutter contre six ours : ces derniers étant tous morts ou grièvement blessés, après trois heures de combat, le roi tua les aurochs à coups d'arquebuse. Il avait, du reste, un faible pour les animaux sauvages, en particulier pour les ours : Fassmann dit en avoir vu d'à demi apprivoisés (griffes coupées et dents cassées) à Potsdam et à Wusterhausen, et raconte qu'il fut entouré un soir, à sa grande frayeur, par six d'entre eux.

Les détails qui précèdent, quoique très écourtés, permettent de se faire une idée de la cour de Prusse au temps de

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