LES AFFAIRES DE L'OUEST
Straelen, Wachtendonk) . Toutefois c'était un territoire fertile et qui arrondissait heureusement les possessions rhénanes de la Prusse.
L'acte du 1 1 avril 1713 avait, en dehors des avantagées indiqués ci-dessus, une importance politique de premier ordre, en tant que traité séparé, où le roi de Prusse, sans se préoccuper du Saint-Empire dont il était membre, traitait d'égal à égal avec une puissance étrangère. L'Empereur s'en indigna, et bien que Frédéric Guillaume se fût réservé le droit de fournir, en qualité d'électeur de Brandebourg^, son contingent à l'Empire qui continuait la lutte (article 2), il considéra son attitude comme une défection. C'en était bien une, en effet, et le prince Eugène, mis en échec par Villars, dut signer le 7 mars 1714 le traité de Rastadt, complété le
7 septembre suivant, à Bade en Argovie, par l'assentiment de tout l'Empire, dont l'Empereur s'était d'avance porté garant (article 33 du traité de Rastadt) .
En même temps qu'il contribuait à terminer la g^rande guerre de l'ouest, le roi de Prusse avaitcherché à régler quelques questions d'intérêt secondaire dans l'Empire et aux Pays-Bas. C'est ainsi qu'en 1713-1714, il fit occuper successivement le petit comté de Limbourg en Franconie, qui lui revenait par héritage après la mort du comte Vollrath (août 1713), et la ville de Werden, près du comté de Mark, dont l'abbé Gélestin de Geismar, élu sans l'approbation de Frédéric I", s'était enfui sur le territoire de Cologne. Ces opérations n'obtinrent qu'un succès éphémère : dès 1714, Frédéric Guillaume dut retirer ses troupes de Limbourg, devant les protestations de Lothaire François de Schœnborn, archevêque de Mayence et évéque de Bamberg, et devant les menaces de l'Empereur; quant à Werden, l'intervention du cercle de Westphalie amena la réintég^ration de l'abbé. Une alliance conclue avec Eberiiard Louis de Wurtemberg, le
8 décembre 1716, ne rapporta aucun profit; elle ne servit même pas à faire triompher les prétentions de la Prusse à la succession des margraves de Baireuth qu'un traité de 1703