RAPPORTS AVEC LA FRANCE
lui assurait, et à laquelle il allait falloir bientôt renoncer, moyennant un demi-million de florins payés par les héritiers lég^itimes, sous la garantie du cercle de Franconie (1). Le roi ne fut pas plus heureux dans l'affaire de la succession d'Orange : d'interminables négociations furent engagées avec les Nassau-Dietz; elles ne devaient aboutir qu'en 1732, et à de très médiocres résultats.
Tout cela d'ailleurs était assez insignifiant, et à partir du traité d'Utrecht jusqu'en 1721, Frédéric Guillaume fixa moins son attention sur les événements de l'Europe oçcicleutale que sur ceux de l'.ejt et du nordUest. Il se jouait là une partie où la Prusse pouvait gagner gros, à condition d'avoir les mains libres à l'ouest; ce fut le mérite du jeune roi de le reconnaître, et de jeter dans la balance lépée de la Prusse, en rajipelant ses troupes des bords de la Meuse et du Rhin (2).
Il ne repoussa pas les avances du gouvernement français, poursuivant sous Louis XIV, puis sous le Régent, une politique de rapprochement entre Prusse et Suède, afin de sauver ce qui pouvait l'être dans la débâcle qui menait Charles XII à l'abîme ; il mit même de côté sa « haine enracinée » contre la France, et chargea en décembre 1713 le chancelier de Montmolin, un Neuchatelois, puis, après samort en route, un gentilhomme français, le comte de Rottembourg qui retournait en France, de dire à Versailles son désir d'entrer en correspondance « confidente, quoique secrète » (février 1714) . Il envoya ensuite et accrédita à Paris une série de ministres ou de résidents, Knyphausen, Viereck, Sellentin, en attendant Jean Ghambrier, nommé « agent » de Prusse à Paris en 1721, et qui devait y rester avec d'autres titres,
(1) Cf. le traité du 22 décembre 1722, dit « Nouveau pactum successorium Culinbacense » , conclu à Rothembourg sur la Tauber avec trois margraves de Baireuth.
(2) Il désirait toutefois ne pas tirer cette épée, et adressa en 1713 une circulaire à tous ses ministres à l'étranger, préconisant l'idée d'acquérir Stettin par an accord avec la Suède. Encore le 1" octobre 1715, il écrivait au Régent, Philippe d'Orléans, qu'il avait voulu rendre service à la Suède en se chargeant du séquestre de Stettin, et empêcher des troubles dans l'Empire, » chose unique que je cherche dan» toute cette affaire » (Cf. A. E., Corr. de Prusse, t. L.)