‹ Histoire de PrusseChapitre 280 sur 410 · TRAITE DU U SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

TRAITE DU U SEPTEMBRE

durant trente ans. Les compliments échangés sans cesse entre les deux cours, soit par ces ministres, soit par ceux de France à Berlin, le comte de Rottembourg et ses secrétaires • Havard et Michel , ne doivent pas faire illusion : si Ton rivalisa de courtoisie, il n'y eut jamais de nég^ociation bien sérieuse, au moins sur le point qui tenait le plus à cœur aux deux parties, c'est-à-dire sur le sort de la Suède. Ni des négociateurs d'occasion, comme le baron suédois Eric de Sparre en 1714, ou le comte de Groissy en 1715, ni Conrad Alexandre deRottembourg dans deux missions successives, ne réussirent à mettre sur pied un projet ayant des chances d'aboutir. Si un traité d'alliance défensive entre Prusse et France fut conclu par Rottembourg à Berlin le 14 septembre 1716, ce ne fut qu'une mesure de circonstance : la France se sentait menacée parles intrigues de l'Espagne, sans être encore sûre de l'Angleterre ; la Prusse était isolée, brouillée avec la Suède, mal vue à Vienne, sans appui certain sauf celui du tsar. Les douze articles qui stipulaient une alliance pour dix ans, et faisaient espérer les secours de la France afin d'acquérir Stettin et les bouches de l'Oder, étaient donc les bienvenus, d'autant plus que Frédéric Guillaume gardait le droit de fournir à l'Empire son contingent, en cas de guerre entre celui-ci et la France. Le traité, qui est resté longtemps secret et qu'on connaît mal en général, n'a eu que peu de portée ; on peut le compter parmi les « quarante traités » du règne, que Frédéric II a jugés inutiles à citer, « à cause de leur frivolité » . Dès que la France se fut rapprochée de l'Angleterre et des Provinces-Unies, par l'alliance de La Haye janvier 1717), et que la Prusse eut resserré ses liens avec la Russie, il n'en fut plus question.

La combinaison assez étrange qui, le 15 août 1717, groupa la France, la Russie et la Prusse à Amsterdam, n'eut ellemême que de médiocres conséquences, en dépit des articles secrets qui stipulaient une ligue défensive et la médiation française pour la paix du nord. Frédéric Guillaume ne prit part ni aux menées d'Alberoni, ni aux alliances triples on

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