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RUPTURE AVEC LA SUÉDE

le même ton. Mais déjà le roi de Prusse se rapprochait de son beau-père, l'électeur de Hanovre, devenu récemment roi d'Ang^leterre, et qui aspirait à recevoir sa part des dépouilles de la Suède; il avait confiance dans ce souverain que Frédéric Il a qualifié de « roi sans faste » et de « politique sans fausseté -n : le 27 novembre, il concluait un accord avec le conseiller hanovrien, von Elz, promettant éventuellement Brème et Verden à son maître. Le sort en était jeté. En vain Schlippenbach alla-t-il négocier en décembre l714àStralsund, offrant soit d'évacuer Stettin moyennant le remboursement des 400 000 thalers payés par la Prusse, soit d'avancer à la Suède 800 000 thalers contre la cession des bouches de roder; en vain le prince Frédéric de Hesse-Gassel et le roi de France cherchèrent-ils un terrain d'entente entre Prusse et Suède. Charles XII repoussait toutes les offres d'argent, refusait de se reconnaître débiteur de plus de 300 000 thalers pour le séquestre de la Poméranie, et réclamait obstinément la restitution de Stettin. Des voies de fait suivirent bientôt : les Suédois chassèrent de Wolgast une petite garnison prussienne de 20 hommes (23 février 1715); ils occupèrent de vive force les lies d'Usedom et de Wollin (21-25 avril). Frédéric Guillaume, qui venait de traiter avec le Saxon Flemming, se félicita de ne pas être l'agresseur, tout en prenant sur l'heure, comme a dit son fils, les résolutions suprêmes : ordre à l'envoyé suédois, Friesendorf, de quitter Berlin immédiatement, lettres avocaioircs adressées le 28 avril à tous ses sujets qui pouvaient être au service de Charles XII, et, le 1" mai, déclaration de guerre. Deux traités avec le Hanovre et le Danemark (27 avril et 24 mai 1715) complétèrent le réseau de ses alliances avec les ennemis de la Suède, et la campagne s'ouvrit au mois de juin.

Elle fut conduite vigoureusement. Le roi la dirigeait en personne, avec le prince d'Anhalt. L'armée prussienne, forte de plus de 30 000 hommes, franchit la Peene, dont les passages n'étaient pas gardés, et en juillet 1715 mille siège devant Stralsund, avec des troupes saxonnes et danoises. Le Jourital

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