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L'ALLIANCE RUSSE

seconder contre les Turcs (1), se trouvait tellement isolé qu'il conclut le 14 septembre 1716 avec la France l'étonnante alliance défensive qui a été sig^nalée plus haut.

Alliance éphémère, il est vrai, autant que paradoxale, et qui ne pouvait tenir devant le mirage de l'amitié russe. Deux nouvelles entrevues avec le tsar, à Havelberg en novembre 1716 et à Berlin en septembre 1717, resserrèrent l'union des deux monarques, si bien faits pour se comprendre et s'entendre, et, de retour dans sa capitale, le tsar écrivit au roi le 15 novembre 1717, qu'il pouvait absolument compter sur « son inviolable parole » . Frédéric Guillaume avait besoin de cet appui sûr, alors que la cour de Vienne ne cessait de le maltraiter, et qu'elle confiait à l'électeur de Hanovre et au duc de BrunsM^ick le soin de mettre à la raison Charles Léopold de Mecklembourg : le décret du Conseil aulique du 22 octobre 1717, promulgué malgré les efforts de l'agent prussien Graeve, faisait fi des droits de la Prusse; c'était, en effet, à Frédéric Guillaume, directeur à ce moment du cercle de Basse-Saxe, en tant que duc de Magdebourg, que la mission aurait dû être confiée.

L'alliance russe fut en 1718, comme auparavant, le pivot de la politique prussienne : dans une visite à Berlin, le brigadier russe Lefort mit sur pied une convention de plus (28 mai), qui fut confirmée par le traité d'Hangoe,le 18 août: l'envoyé prussien Mardefeld y accepta un article séparé stipulant l'intervention éventuelle de la Prusse en faveur du duc de Mecklembourg, et Frédéric Guillaume ratifia (2) , non sans quelque inquiétude, quoiqu'il comptât bien n'en jamais venir à l'exécution. Il semblait du reste avoir pris son parti :

(1) Le comte de Virinond, ambassadeur impérial, avait en vain sollicité un secours de 10 à 12 000 hommes en janvier 1716. A la fin de 1717. encore, Frédéric Guillaume donnait à liottembourg « sa parole de gentilhomme et de soldat » que l'Empereur n aurait « pas un seul homme » de lui. ^Cf. A. E., Corr. de Prusse, t. LVIL)

(2) Le roi avait déjà conclu avec le duc un traité d'alliance, le 13 décembre 1717. Lorsqu'il ratifia^ le 7 septembre, l'article séparé du 18 août, il se réserva de ne mobiliser qu au moment où il le jugerait nécessaire, et cette réaerve empêcha la Piussie de ratifier le traité.

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