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ENTRE ANGLETERRE ET RUSSIE

« Plutôt tout perdre " , avait-il écrit en marg^e du projet de traité, « que de laisser l'Empereur et l'Ang^leterre me mettre le pied sur la gorge. » Et puis, n'était-ce pas une contreassurance précieuse, pendant les conférences d'Aland où ministres suédois et russes cherchaient les voies d'une entente ! Seuls l'échec de ces négociations en novembre et la mort de Charles XII, tué devant Frederikshall en décembre 1718, firent disparaître toute crainte de ce côté.

La guerre du nord, très languissante, n'était pourtant pas terminée, et dans les années suivantes elle donna lieu à de nombreuses combinaisons diplomatiques. Le gouvernement suédois, dirigé par la sœur du roi défunt, Ulrique Éléonore, n'avait qu'un but, faire la paix; mais les exigences de la Russie qui voulait conserver toutes ses conquêtes, y compris la Finlande, arrêtaient tout, tandis que l'Angleterre poussait à un arrangement moins favorable au tsar. Les anciens confédérés du nord étaient divisés, et la plupart inclinaient à s'opposer avec l'Angleterre à un trop grand développement de la puissance russe dans la Baltique. Frédéric Guillaume se trouva fort embarrassé. D'un côté, il ne voulait pas se brouiller avec Pierre le Grand, son meilleur allié : de l'autre, il était pressé de rétablir la paix du nord, sans accroître par trop la prépondérance de la Russie. Il passa les trois années suivantes à poursuivre ce double objectif.

Certaines difficultés dans l'Empire, surtout des démêlés avec le Hanovre, la Saxe et l'Autriche, vinrent compliquer la situation. Frédéric Guillaume s'inquiéta beaucoup, par exemple, et non sans raison, de l'alliance défensive conclue à Vienne le 5 janvier 1719 entre l'Empereur, l'électeur de Saxe-roi de Pologne, et l'électeur de Hanovre-roi d'Angleterre; ce n'était pas seulement contre la Russie, c'était autant peut-être contre la Prusse qu'elle était dirigée. L'affaire Elément (1) venait précisément de troubler la cour de Berlin, et si cet aventurier, qui exerçait un ascendant extraordinaire

(1) Voir plus haut, p. 357 ss.

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