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LES AFFAIRES DE L'EMPIRE

sur tout le monde et a été compté par la margrave de Baireuth (i au nombre des g^rands génies » , avait avoué ses impostures, il n'en restait pas moins qu'il avait correspondu longtemps avec le ministre saxon Flemming et avec le prince Eugène, qu'il les avait même servis comme espion à Berlin. Dresde et Varsovie étaient aussi hostiles que Vienne, et Auguste II allait, dans une lettre publique datée de Fraustadt (16 mars 1719), mettre en question la royauté prussienne. De plus, l'exécution ordonnée par le Conseil aulique contre le duc de Mecklembourg se déclencha au printemps de 17 19, et la Prusse eut de la peine à se tenir en dehors du conflit : Charles Léopold vint à Berlin implorer un secours qu'on lui refusa, en dépit des anciennes promesses; il fut finalement expulsé de son duché par les Hanovriens, et réduit à la possession de Dœmitz sur l'Elbe, tandis que ses Etats, mis sous séquestre, étaient administrés par une commission impériale, installée à Rostock.

Le roi de Prusse s'indigna de voir se régler sans lui une affaire qui l'intéressait doublement, comme voisin et comme directeur du cercle de Basse-Saxe. Des questions religieuses augmentèrent son ressentiment. Le nouvel électeur palatin, Charles Philippe (1716-1742), catholique aussi intransigeant que ses prédécesseurs de la Maison de Neubourg, interdit dans ses territoires, en avril 1719, l'usage du cathéchisme de Heidelberg, principal formulaire de la confession réformée ; il aggrava ensuite la mesure, en enlevant au culte protestant la nef de Téglise du Saint-Esprit à Heidelberg qu'un accord de 1705 lui avait attribuée (septembre 1719). Frédéric Guillaume intervint énergiquement en faveur de ses coreligionnaires; il exerça des représailles contre ses sujets catholiques de Minden et d'Halberstadt, séquestrant notamment le riche couvent des Augustins à Hammersleben, et força ainsi le Palatin à faire droit aux plaintes des protestants; tout au plus Charles Philippe se permit-il, pour punir les habitants d'Heidelberg, de transférer sa résidence à Mannheim.

Le roi avait été soutenu dans cette affaire par son beau-

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