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LES DUCHES DE BERG-JULIERS

laume, déterminant même en g^rande partie son attitude jusqu'à la fin du règne, il faut mettre en première ligne celle des duchés de Berg-Juliers, dont il prétendait s'assurer l'héritage ; sans doute il serait exagéré de ne faire intervenir aucun autre facteur, de passer sous silence le facteur religieux, par exemple; il est certain néanmoins que l'acquisition de ces deux petits duchés rhénans lui tenait singulièrement à cœur, et qu'il était prêt à bien des sacrifices pour l'obtenir. L'accord héréditaire de Clèves de 1666, complété par des conventions de 1668 et de 1670, avait définitivement réglé le partage longtemps provisoire de la succession de Glèves- Juliers, donnant à la Maison de Brandebourg le duché de Clèves, les comtés de Mark et de Ravensberg, et laissant à la Maison de Neubourg les duchés de Berg et de Juliers, les seigneuries de Winnenthal et de Ravenstein ; tous ces territoires étaient d'ailleurs considérés comme restant indissolublement unis, tandis que titres et armoiries appartenaient en commun aux contractants. Or, depuis la mort de l'électeur Jean Guillaume en 1716, la Maison de Neubourg était menacée de disparaître : des trois fils de Jean Guillaume, deux étaient ecclésiastiques, François Louis, archevêque de Trêves, et Alexandre Sigismond, évéque d'Augsbourg; quanta l'aîné, Charles Philippe, électeur palatin de 1716 à 1742, il n'avait que des filles, dont l'aînée avait épousé un cousin, le comte palatin Joseph Charles Emmanuel de Sulzbach (1). Dès 1721, le roi de Prusse se préoccupait de faire reconnaître ses droits éventuels de succession et d'écarter la compétition du rameau de Sulzbach. Ce souci le poursuivit durant vingt ans, et fut un des plus puissants mobiles de ses actes.

Sa brouille avec l'Empereur au sujet des affaires religieuses le porta tout d'abord à se tourner vers les adversaires de l'Autriche, c'esl-à-dire vers la France, l'Angleterre et les Provinces-Unies, réconciliées depuis peu avec l'Espagne : de

(1) Ce dernier prince étaot mort en 1719, Gliailos Philippe transféra ses droits de succession à son frère, le duc Jean Christian de Sulzhach (f 1733), puis au fils de celui-ci, Charles Théodore.

404 ALLIANCE ANGLAISE (l723)

là la mission du comte de ïruchsess à Versailles en 1722- 1723, pour féliciter Louis XV de sa majorité et assister au sacre; de là, en 1723, un rapprochement de l'Angleterre. Le parti anglais à la cour de Prusse, dirigé par la reine, s'appuyait sur Ilgen qui, dans un mémoire de 1715, avait révélé les mauvais desseins des Impériaux; il prenait depuis quelque temps une influence croissante, tant à cause des liens d'affection entre Sophie Dorothée et son père Georges I", qu'à cause des intérêts protestants à sauvegarder ensemble dans l'Empire. Frédéric Guillaume avait du reste une telle confiance dans son beau-père qu'il ne lui en voulut même pas de seconder contre lui, en tant qu'électeur de Hanovre, le comte de Bentheim réclamant en 1722 le territoire de Tecklembourg. La reine profita de ces bonnes dispositions pour mettre en avant un projet qui lui était cher et qu'elle allait pendant dix ans chercher à réaliser en dépit de tous les obstacles : c'est le fameux projet du double mariage anglo-prussien, en vue d'unir deux des enfants de son frère, le prince de Galles, avec sa fille Wilhelmine et le kronprinz Frédéric. Un voyage à Herrenhausen, résidence de l'électeur de Hanovre, en juillet 1723, permit de poser les premiers jalons. Les ministres anglais, inquiets de l'attitude de l'Autriche et de la Russie, accueillirent favorablement les ouvertures de Sophie Dorothée, et Georges I" promit sa visite à Berlin. Il s'y rendit, en effet, au mois d'octobre avec ses secrétaires d'État, Carteret et Townshend, qui offrirent de renouveler une alliance défensive de 1690. Le traité, conclu à Gharlottenbourg le 10 octobre 1723, stipula la garantie réciproque des possessions; l'Angleterre promit de s'employer à la cour de Versailles pour faire admettre Neuchâtel dans l'alliance franco-suisse, comme membre de la Confédération helvétique ; elle promit surtout, en cas d'extinction de la Maison de Neubourg, de favoriser " les justes prétentions de Sa Majesté prussienne» surBerg et JuHers (article secret). Il n'était rien dit des mariages, mais tout le monde les regardait comme décidés.

Tout en s'alhant aux Anglais, le roi de Prusse ne négli-

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