PROGRÉS DE L'AGRICULTURE
une maison de refuse en 1699, sa banque de prêts (dite bureau d'adresses) fondée en 1689 pour faire des avances aux fabricants de Berlin. Dès 1690, des réfugiés figurent dans la municipalité de la Dorotheenstadt. P'rédéric III les comble de secours et de privilèges, leur prête de l'argent, légifère en leur faveur et souvent en français; le 14 juillet 1696, il prolonge de cinq ans la franchise d'impôts accordée par de précédents édits. C'est dans ces dernières années du dix-septième siècle que la colonie française en Brandebourg a son plus bel épanouissement et inllue le plus fortement sur l'essor économique (1) .
L'agriculture en profite tout d'abord, et outre les potagers «admirables" dont parle Frédéric II, quantité d'exploitations rurales se fondent autour de Berlin : telle celle de Bucholz au nord, près de Pankow., qui fournit à la capitale du lait et des légumes. Des cultures nouvelles sont introduites, comme celle du tabac à Chorin dans la Marche, aux environs de Magdebourg et en Westphalie, L'électeur s'intéresse aux progrès agricoles, à ses ^ planteurs » ou pépiniéristes à Potsdam, Borni i, Glienicke, Kœpenick, renouvelle en 1691 l'ordonnance qui enjoint aux nouveaux mariés de planter quelques chêneb ei arbres fruitiers; en même temps, des travaux d'endiguement et de dessèchement sont entrepris sur les bords de certains fleuves qui ont des crues périodiques et ravagent les pays riverains. Partout l'élevage est encouragé, et les haras de Prusse notamment sont l'objet de nombreuses dispositions de 1688 à 1697.
Malheureusement Frédéric III est, comme son père, grand chasseur, et quand il s'agit de protéger le gibier, il ne connaît plus les intérêts del'agriculture : il aie cœur tendre, non seulement pour les rossignols qu'il interdit de tuer, de capturer et de mettre en cage (7 avril 1693) , mais aussi pour les cerfs,
(i) Louis XIV aurait bien voulu regagner ses sujets industrieux et il les Ht sonder à ce sujet, mais ils préféraient l'exil à la servitude spirituelle; Des Alleurs écrivit le 7 juillet 1700 que, malgré leur désir de rentrer en France, ils ne le feraient qu'avec la liberté de conscience. Cf. A. E., Corr. de Brandebourg, t. XLI.