‹ Histoire de PrusseChapitre 30 sur 410 · OPPRESSION DES PAYSANS · texte numérisé non relu

OPPRESSION DES PAYSANS

daims, élans et aurochs, qu'on doit respecter sous peine d'amendes de 3 à 500 thalers, et même de graves punitions corporelles (18 mars 1689). Il n'a en revanche que des tcIléités de défendre les paysans contre l'arbitraire des seigneurs propriétaires ou des fermiers du domaine (ArrendatoresJ ; le servag^e, loin de diminuer, tend à se développer, et les malheureux sujets (U nterthanenj plient sous le fardeau des prestations et corvées, qu'un mémoire de 1710 comparera aux travaux d'Egypte (.Egyptische DiensteJ. En Prusse surtout, la situation des paysans est fâcheuse; les enquêtes ordonnées en 1697-98 au sujet de leurs plaintes jettent un triste jour sur les violences et excès de tout genre auxquels se \\\Teni Junker , maires, fermiers et fonctionnaires (1). On voit, par exemple, un sieur de Goltz, non content de refuser le gage promis à une pauvre femme, lui enlever son enfant pour le faire chasser chaque jour par de jeunes chiens (juin 1697). Un greffier des blés dans VAmt Rastenburg expulse sans motif, d'un débit(^iv7'«(7yi qu'il lui avait loué un nommé Martin Dombrowski,le dépouillant, de plus, de son petit patrimoine (une vache, un bœuf et diverses provisions de blé et d'avoine) ; l'électeur ordonne prompte justice (le 4 mai 1697), mais sa compassion pour les " pauvres sujets " , dont la vie est déjà assez amère (sauer) par le temps qui court, ne peut apporter des remèdes suffisants. Il en est là comme dans le comté de Ravensberg (2), où s'élèvent dès lors contre un grand propriétaire, Frédéric Mathias Korff, dit Schmising, de vives plaintes qui se reproduiront sans cesse jusque sous le règne suivant! Il n'y a pas de justice pour le sujet contre les autorités (Ohrigkeiten), et les campagnes en souffrent naturellement.

L'industrie et le commerce sont alors relativement prospères. Bien que la réglementation la plus minutieuse demeure en usage, avec des commissaires inspecteurs qui surveillent maîtres et compagnons, et avec de nombreux monopoles, le

(i) Cf. A. B.,R. 7, n 79 9.

(2) Ibid., II. 34, n 178 dete.

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