‹ Histoire de PrusseChapitre 292 sur 410 · AFFAIRES DE POLOGNE ET D'ESPAGNE 40T · texte numérisé non relu

AFFAIRES DE POLOGNE ET D'ESPAGNE 40T

Pologne entre catholiques et protestants, à la suite d'une procession organisée par les jésuites, vint surexciter ces craintes. La population de Thorn, en grande majorité protestante, fut exaspérée par l'arrogance des catholiques qui voulaient forcer les passants à s'agenouiller devant la procession, et le collège des jésuitres, pris d'assaut par la foule, fut saccagé. Le roi de Pologne envoya aussitôt des troupes, et fit arrêter un certain nombre de bourgeois, dont plusieurs furent pendus, y compris deux bourgmestres (novembre 1724). L'incident indigna Frédéric Guillaume qui chargea ses représentants à Varsovie, les deux frères Schwerin, de défendre les privilèges de la ville de Thorn, et demanda au roi de France d'intervenir pour faire respecter la paix dOliva. Des tractations eurent lieu, à l'aide d'un chiffre secret, entre Ilgen et le comte de Rottembourg, provisoirement chargé des intérêts français au congrès de Cambrai; un projet de triple alliance entre France, Angleterre et Prusse, fut même rédigé en France pour être discuté à Berlin (l), et Frédéric Guillaume, désireux d'abord de garder sa liberté, aspira à se rapprocher des puissances occidentales, quand la mort de Pierre le Grand risqua de le priver d'une alliance qui faisait la base de sa politique (février 1725) .

Les choses en étaient là lor.squ'un coup de théâtre se produisit. Philippe V d'Espagne venait, après une retraite de quelques mois, de reprendre le pouvoir, et se montrait mécontent de ne trouver d'appui en France, ni contre l'Angleterre, ni contre l'Autriche, le gouvernement du duc de Bourbon travaillant avant tout à maintenir la paix ; le renvoi de la petite infante, Marie Anne Victoire, qui depuis 1721 était élevée en France comme la future épouse de Louis XV, mit le comble au ressentiment du roi d'Espagne (févriermars 1725). Poussé par sa femme, l'ambitieuse et hautaine Elisabeth Farnèse, il abandonna ses alliés « dans pas plus de temps qu'il n'en faut pour aller en voiture de Madrid au

(i) Cf. A. E., Co,T. de Prusse, t. LXVIÏI, LXXIV el LXXV.

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