LES TRAITES DE
Pardo » , et se réconcilia avec la cour impériale. Les traités conclus à Vienne par le baron de Ripperda, les 30 avril et 1" mai 1725, reconstituèrent l'ancienne alliance austro-espagnole, que resserra encore quelques mois après, un acte du 5 novembre. Non seulement TEspag^ne reconnaissait la Pragmatique sanction de Charles VI, mais elle accordait à la Gompap^nie d'Ostende sur son territoire et dans ses colonies les privilèges autrefois réservés aux Anglais et aux Hollandais. Le mystère dont furent d'abord entourés ces traités accrut l'impression produite en Europe : Français et Anglais se jugèrent menacés, et le roi de Prusse vit dans le rapprochement austro-espagnol un sérieux danger pour le protestantisme. Il ne se trompait guère, car les instructions de Ripperda avaient envisagé une ligue contre Turcs et protestants, et dans ses dépêches, pleines de mirages, l'aventurier-diplomate avait fait espérer à Madrid l'écrasement du royaume de Prusse, à côté de victoires sur la France, l'Angleterre et les Provinces-Unies. Frédéric Guillaume attribuait d'ailleurs à l'Empereur le dessein de l'amoindrir de toutes façons, et de lui refuser les satisfactions les plus légitimes.
Les traités de Vienne appelaient une riposte ; ce fut la triple alliance de Herrenhausen. Les Anglais étaient les principaux intéressés, et Robert Walpole déclarait au ministre impérial à Londres qu'en s'attaquant à son commerce l'Autriche « sautait aux yeux de la nation anglaise » ; le roi Georges I" prit l'initiative d'une entente avec la Prusse : il se rendit en juin à Hanovre, où son gendre ne tarda pas à le venir trouver, et des pourparlers s'engagèrent entre lord Townshend, l'ambassadeur français de Broglie et le ministre prussienWallenrodt. Frédéric Guillaume était décidé d'avance. Il avait reçu assez froidement, en mai, l'envoyé impérial, comte de Rabutin, qui réclamait son accession aux traités de Vienne; croyant vraiment une guerre possible, il se préparait en conséquence; du reste, s'il cédait à l'influence de la reine et du parti anglais, c'est qu'il comptait bien obtenir des puissances occidentales la garantie formelle de ses droits sur