‹ Histoire de PrusseChapitre 294 sur 410 · LIGUE DE HANOVRE · texte numérisé non relu

LIGUE DE HANOVRE

Berg-Juliers. Le traité, à la rédaction duquel llgen vint collaborer, et dont Frédéric Guillaume discuta lui-même les termes, fut conclu le 3 septembre 1725!

France, Angleterre et Prusse s'eng^ag^eaient pour quinze ans à défendre réciproquement contre toute agression leurs possessions d'Europe et hors d'Europe, ainsi que tous leurs droits et avantagescommerciaux; elles devaientdonneréventuellement, les deux premières 12 000 hommes, la Prusse 5 000 hommes, ces secours militaires pouvant être remplacés par des équivalents en argent ou en vaisseaux. Le repos et la sécurité du Saint-Empire, ses droits et libertés, devaient être maintenus selon les clauses de la paix de Westphalie. Quatre autres articles, trois séparés et un secret, stipulaient qu'on rappellerait la Pologne à l'observation du traité d'Oliva en matière religieuse, que les rois d'Angleterre et de Prusse seraient libres de fournir leurs contingents en qualité d'électeurs de Hanovre et de Brandebourg, si malgré leurs efforts l'Empire déclarait la guerre à la France et s'ils croyaient « ne pouvoir se dispenser de remplir leur devoir de membres de ce corps » , enfin que la succession de Berg-Juliers, en cas d'extinction de la Maison de Neubourg, ferait l'objet d'un arbitrage de puissances impartiales, sans séquestre, ni procès, ni voies de fait contre la Prusse. Ce dernier article a été publié pour la première fois par Ranke au milieu du dix-neuvième siècle (1).

La ligue de Herrenhausen ou de Hanovre, comme on l'appela communément, était en somme peu avantageuse pour la Prusse : en échange de périlleux engagements, celle-ci n'obtenait que de minces satisfactions, soit pour les affaires religieuses en Pologne (2) , soit dans la question de Berg-Juliers : ni le roi, ni Ilgen n'avaient pu faire décider des mesures réellement efficaces sur ces deux points. De plus, Frédéric Guillaume avait demandé en vain qu'on tînt compte des droits

(1) Sdmmlliche Werke, t. XXVII, p. 50, note 2, édition de 1879.

(2) Le roi prolesta en 1725 et 1726 contre les prétentions de l'évêque d'Ermeland, qui s'intitulait évêque de Satnbie et voulait, comme tel, établir sa juridiction ecclésiastique sur la Prusse orientale.

Page 1