ESSOR DE L'INDUSTRIE
gouvernement cherche à faciliter, comme l'a déjà essayé le Grand Électeur, l'accès de la maitrise ; diverses ordonnances en font foi, notamment celle du 17 mai 1688 qui interdit la détermination d'un nombre fixe de maitres (défense, il est vrai, mal respectée par l'électeur lui-même), et celle du 29 mars 1690 touchant l'admission à la maîtrise à Berlin. Les industries acclimatées de longfue date dans chaque province, tissage de la laine, draperie et brasserie un peu partout, mais plus spécialement dans les pays du centre, pêche en Prusse, toilerie dans la région westphalienne, saunerie dans le duché de Magdebourg et le comté de Mark, sont encouragées. C'est ainsi que Danckelman imprime une activité remarquable à l'exploitation des salines de Halle. L'électeur exige le quart des eaux-mères fSooleJ et réclame la propriété de celles qu'on n'exploite pas, de sorte que des bouilleurs ('P/â»n€7'J, riches autrefois, ne peuvent prendre qu'an faible essor; l'État, du moins, recueille d'importants bénéfices, et des progrès techniques considérables sont réalisés à partir de 1693, grâce au conseiller de Schmettau, qui introduit les procédés employés à Allendorf, en Hesse. L'industrie des toiles, en déclin à Minden, prospère dans le comté de Ravensberg, et la fabrication v est améliorée grâce à un contrôle établi depuis 1687 (1). Les mines du comté de Mansfeld, mines de cuivre, de charbon et même d'argent, augmentent leur production à partir de 1691, sous l'impulsion de Danckelman, principal actionnaire d'une compagnie privilégiée.
Quantité d'industries nouvelles apparaissent» Les réfugiés français y contribuent particulièrement. Ils ne se contentent pas de perfectionner ce qui existe, comme la draperie; ils fondent de tous côtés des fabriques de bas, de chapeaux, de gants, de tapis, des mégisseries, des papeteries, des raffineries de savon. L'électeur ne leur marchande nï les privilèges ni les monopoles : ainsi à Orelly pour sa fabrique de crêpes de Berlin, à Fieureton pour sa papeterie de Burg,
(1) Celui des Leqqert, de Legebanh ou Leçetisch, endroit où l'on étirait à plat les toiles pour les éprouver.