FIN DE L'ALLIANCE IMPÉRIALE
sans préjudicier aux droits du roi. La même sommation était adressée le même jour au palatin, à Mannheim.
Qu'allait faire Frédéric Guillaume? Dans un premier mouvement d'humeur, il avait ordonné de ne pas recevoir la note ; après l'avoir reçue, il ne voulait pas y répondre. Sur le conseil de Grumbkow, il se résida à donner une réponse, évasive et dilatoire, pour g^agner du temps : remerciant les puissances de leur démarche, il regrettait de les voir favoriser le palatin de Sulzbach et manquer ainsi à l'impartialité; quant à lui, il jugeait absolument impossible d'accorder à son rÏTal la possession « provisionnelle " des territoires contestés (19 février 17^8) . En même temips, il écrivait au prinoe d'Anhalt qu'il était prct à la guerre, plutôt que de se laisser iealtraiter et déshonorer; il disait même à La Cbétardie qu'il avait un bon allié, Dieu, et se moquait de toute l'Europe. C'était une de ces bravades dont il était coutumier et qui ne tiraient pas à conséquence. Le kronprinz désapprouvait la réponse de son père, la comparant « à celle d'une personne qui n'a pas envie de se battre, mais qui en fait le semblant " ; à quoi Grumbkow ripostait qu'on n'était pas dans l'itnitention « de risquer ie tout pour le tout v .
kn fond, ces atermoiements étaient habiles, carie « coneert" de La Haye ne pouvait durer, et sa dissolution ne devait pas tarder à tirer la Presse d'embarras. Le seul résultat immédiat du concert éphémère de La Haye, ee hvt de mettre fin à la politique de l'alliance impériale : condamnée depuis i 735, elle fut alors définitivement abandonnée, et quand La Ghétardie, s'en retournaaat en France, prit son a'udieia<ce de congé, il reçut en termes non voiles l'expression du profond ressentiment du roi contre la cour de Vienne (5 mars 1738).