POLITIQUE PROTECTIONNISTE
transférée à Prenzlau en 1694, à Pierre Le Roy pour sa savonnerie de Wesel (1690 et 1693). Certaines industries de luxe, celles de la soierie, des fils d'or et d'argent, des glaces et miroirs, des verres et cristaux, s'installent dans la Marche : si la soierie végète, faute de matière première, la tréfilerie de Ccelln, que dirigent successivement, après Kraut, les frères Bosse de Leipzig et le conseiller Schindler, donne d'assez bons résultats ; il faut signaler é{]alement la fabrique de glaces de Neustadt sur la Dosse, dirigée par l'habile Henri de Moor, attiré de Copenhague.
L'ancienne politique se maintient qui interdit presque absolument le travail industriel dans les campagnes pour le concentrer dans les villes (1). Les idées protectionnistes continuent également à prévaloir. On frappe l'exportation des matières premières et l'importation des produits étrangers de droits considérables, parfois même de prohibition; toutefois, malgré les édits contre l'exportation de la laine et de la potasse, en 1690-1691 , malgré les droits mis depuis 1689 sur un grand nombre de marchandises du dehors (droits allant de 10 à 25 pour 100 ad valoi-eni) , il n'existe pas encore de système régulièrement suivi; les douanes sur les routes ou sur les fleuves (Land ou Massei-zolleJ et les douanes dans les ports fSeezolleJ sont conçues moins comme un organisme protecteur que comme un instrument fiscal, auquel on fait rendre le plus possible.
La pratique ne laisse pas de provoquer des protestations et des représailles, par exemple en Poméranie suédoise, en Saxe, en Brunswick. Par contre, des efforts sont tentés de temps à autre pour s'entendre avec les pays voisins, au prix de concessions mutuelles. La revision des tarifs dédouane à Crossen sur roder en 1694 a lieu d'accord avec l'Autriche, et ménage les marchands de Breslau en Silésie. Des négociations sont
(1) On le voit dans de nombreux documents concernant les pays de l'ouest, par exemple la résolution électorale de Cœlln, 7 janvier 1692, prise sur la plainte des tailleurs d'Herford et des drapiers de Bielefeid. Cf. A. B., R. 34, n 98 f.