‹ Histoire de PrusseChapitre 311 sur 410 · TRAITÉ DE LA HAYE · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE LA HAYE

ter sur eux, il résolut, au début de février 1739, de s'entendre avec la France : Timportant pour l'avenir n'était-il pas de prendre pied dans le duché de Berg: ! Si le Grand Électeur avait acquis Stettin, lui, son petit-fils, serait déjà maître de Stralsund; conclusion : .. Il faut prendre, c'est toujours un pied, et dans vingft, trente, quarante ans, il arrive des conjonctures si drôles en ce monde que Dûsseldorf, Agg^er, lisière, tomberont à la liaison « . C'est dans ces conditions que fut signé le traité de La Haye (5 avril 1739).

Par cet acte, les rois de France et de Prusse entendaient prévenir « les troubles " qui pourraient se produire un jour « à l'occasion des affaires de Berg et Juliers » . Le roi de Prusse devait, à la mort de l'électeur palatin, obtenir en toute propriété : 1° la partie du duché de Berg, située au nord de la rivière Agger et à l'est d'une ligne parallèle à la rive droite du Rhin, laissant au palatin de Sulzbach une lisière le long du fleuve ; 2° la seigneurie de Ravenstein, à charge de s'accorder à ce sujet avec les Provinces-Unies, dont cette seigneurie était une enclave (art. 1 et 2) ; le roi paierait, en revanche, un million déçus, « monnaie d Empire », à la sérénissime Maison palatine (art. 3). La France, sans compromettre le secret si important à observer <i sur le présent traité » , agirait " par toutes les voies les plus capables d'engager le sérénissime électeur palatin à accepter le plan d'accommodement ci-dessus stipulé » (art. 4). Suivaient trois articles « secrets » , dont le second, le plus intéressant, reconnaissait éventuellement à l'électeur de Bavière la tutelle du palatin de Sulzbach, si celui-ci héritait avant d'être majeur.

Tout n'était pas au gré de Frédéric Guillaume dans ces articles, et le ministre Luiscius, menacé dit-on d'une disgrâce, tenta quelques semaines plus tard (au début de juin), de se suicider, au milieu de circonstances restées obscures (1). Le traité n'en avait pas moins été ratifié, et les ratifications

(i) Il survécut, mais fut remplacé par le chancelier de Clèves, de Raesfeld.

Page 1