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LA BUREAUCRATIE PRUSSIENNE

en plus on remplit les postes subalternes d'anciens sousofficiers et soldats (ordres de janvier 1736 et de mars 1738). Ces fonctionnaires peuvent exercer certains métiers, comme celui d'hôtelier (octobre 1733); ils doivent pourtant fournir le rendement maximum, tenus à la résidence, privés de traitement en cas de congre. Leur nombre est réduit à diverses reprises et systématiquement : on voit le roi, par exemple, en 1728, se plaindre de la foule des fonctionnaires en Prusse, où ils pullulent plus « que les faisans à Dresde », ou « que les lièvres à Wusterhausen » . Les récompenses sont rares, les punitions fréquentes, et les peines rigoureuses : 2 000 tha- 1ers d'amende et six mois de forteresse à des fonctionnaires de Minden qui se sont querellés, en 1735, Frédéric Guillaume de Borck, gendre du feld-maréchal, est destitué en 1738 de sa charge de président de la Chambre de guerre et des domaines de Minden-Ravensberg, pour avoir reçu quelques présents, et touché de trop fortes indemnités de déplacement; ses appuis à la cour empêchent seuls une condamnation plus sévère et lui obtiennent la permission de passer en 1739 au service de la Hesse-Cassel. D'autres ont moins de chance. Si le fiscal général Gerbett évite la fustigation et les travaux forcés, deux fonctionnaires prussiens, Schlubhut et Hesse, sont pendus pour des irrégularités dans leurs comptes, dues à des négligences (1731-1732) ; en vain le fiscal de Prusse dans la première affaire, le Directoire général dans la deuxième, insistent-ils pour l'indulgence. Le roi demeure inflexible ; pour Hesse notamment, faisant allusion à la condamnation impitoyable des vols domestiques, il statue : « Doit être pendu; a volé 30 000 thalers; c'est plus qu'une assiette d'argent » .

Les bureaucrates prussiens sont façonnés sur un modèle qui a pu être un idéal aux yeux du Roi-Sergent, mais qui présente de sérieux défauts. Raides, gourmés, tremblant sous le regard des espions et des fiscaux, détestés du peuple dont ils doivent attirer sur eux tous les ressentiments, ce sont des instruments aveugles, sans initiative, presque sans individua-

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