TRAVAUX DE CODIFICATION
été, s'il avait été appliqué, une sorte d/wbeas coipus prussien. Malheureusement la plupart des édits demeuraient lettre morte : on vit le président des chambres de guerre et des domaines de Minden et de Clèves, Borck, faire valoir son droit aux épiées, qui lui rapportaient de 4 à 500 thalers, bon an mal an (1736), et les injonctions pour l'accélération de la justice se répètent jusqu'au bout, ce qui prouve qu'elles n'ont pas été suivies d'effet; le roi lui-même en fait l'aveu et le déplore dans une résolution du 12 juillet 1739.
L'absence d'une lég^islation écrite était une des lacunes qui chagrinaient le plus Frédéric Guillaume. Il s'en était ému dès son avènement, et n'avait pas tardé à exposer ses idées à ce sujet : il voulait un code, rédigé dans une langue claire, dont le sens pût être accessible à toute personne intelligente, même à l'homme du peuple fder gemeine MannJ; la Faculté de Droit de Halle, chargée de faire le travail pour la Marche électorale, devait s'inspirer de la justice naturelle et ne conserver le droit romain qu'autant qu'il pouvait s'adapter au pays; elle devait d'ailleurs supprimer en général le latin, ou tout au moins traduire en allemand les termes difficiles (ordre du 18 juin 1714). L'œuvre de codification, déjà ébauchée sous le règne précédent, ne put encore aboutir cette fois; en dépit de sa hâte et de ses avertissements menaçants aux juristes attelés à la besogne, le Roi-Sergent n'obtint pas le code complet dont il rêvait, établissant un droit certain {Jus cevtumj dans ses États, ou, comme disait Gocceji en 1737, un droit permanent et général (ein hestiiiidiges und allgemeines Landvechi). Il faut signaler pourtant la publication de deux recueils considérables : le Coi-jnts conslitutionum pritlenicarutn de Gruhe fPreussisches LandrecfuJ en 1721 , et le Corpits conslitutionum marckicaritm de Mylius, à partir de 1737 (l).
La justice criminelle ne fut pas négligée, mais elle resta une des plaies de l'organisation du temps. Parmi les nombreuses ordonnances qui la concernent, la plus importante
(i) Mylius avait déjà publié en 1713 un recueil analogue pour Magdeboorg.