LA FERME DES DOMAINES
certaines concessions et au remboursement d'environ un million de thalers, le retour aux baux à temps se trouva réalisé, sauf pour des parcelles insignifiantes. A partir de 1718, une série d'enquêtes eurent lieu, à la suite desquelles le prix des fermages fut relevé dans beaucoup de provinces, en particulier dans celle de Magdebourg ; de 17l9à 1721 d'ailleurs, le roi institua, d'accord avec Gœrne, les principes directeurs [principia regulativa) qui devaient servir de base à l'établissement des baux, d'une durée uniforme de six ans. La grande instruction pour le Directoire reprit et perfectionna ces règles , destinées à améliorer le rendement des domaines (articles 18, 27 et 30, notamment). Si le roi songea un moment à se servir de la régie en Lithuanie (1724), c'est qu'il craignait de ne pas réussir autrement à imposer là les méthodes de culture de l'Allemagne centrale et occidentale; il en resta finalement au système des fermes, en écartant d'ordinaire les paysans, trop peu solvables (1731), et plus tard les officiers et les nobles, trop indépendants (mars 1732) . Il organisa des inspections fréquentes, et obligea les commissaires à tenir un journal (novembre 1 738) . Lui-même était son premier inspecteur et menaçait de peines terribles (de la corde, plus spécialement) les fermiers négligents (7 juillet 1734, septembre 1735, et actes de l'inspection de 1736, en Prusse). Il refusait le paiement des fermages en papier et exigeait des espèces sonnantes. Entre temps, il avait préconisé et fait adopter dans toutes les provinces le régime de la ferme générale par Amt fGeiieralpachiJ, en dépit d'oppositions violentes, qui furent brisées, comme celle de von Massow, président de la Chambre de Poméranie. En outre, les corvées de transport (VorspanndiensteJ , très réduites, avaient été transformées dans maint endroit en des prestations en argent [Moles tiengelderj. Grâce à ces réformes, poursuivies avec persévérance, le produit des domaines ne cessa de s'accroître ; il doubla presque en vingt-sept ans, passant de 1890 000 thalers en 1713, à 3 300 940 (un peu plus de 12 millions de livres) en 1740. Il est vrai que les bénéfices de l'exploitation des forêts