LA CONSERVATION DES • SUJETS
créé précédemment, et confié en 1713 à l'Académie des Sciences, fut à peu près abandonné; dès 1715, il n'y avait plus d'argent pour l'entretenir.
La chose essentielle aux yeux du roi était de ne pas laisser de terres en friche et d'augmenter continuellement l'étendue des cultures et des pâturages. Pour cela, il importait d'abord d'encourager les paysans, de leur assurer plus de bien-être, et d'accroître leur nombre. Une foule d'édits y pourvurent, et l'instruction de 1722 insista particulièrement sur la « conservation des sujets » . Sans doute Frédéric Guillaume n'était pas tendre (1) , et le cultivateur, qui ne travaillait pas assez, était passible de peines corporelles ;les corvées pourle propriétaire, notamment pour le roi, premier propriétaire du royaume, étaient nombreuses ; on voit des paysans prussiens du bailliage d'Insterbourg réquisitionnés même le dimanche, ce qui amène une protestation des pasteurs (9 août 1718). Quatre ans après, des colons suisses établis en Prusse ayant réclamé contre les quarante-huit jours de corvée par an qu'on exigeait d'eux, reçurent pour réponse qu'il leur fallait en passer par là . Sur les domaines, en Prusse orientale ou Lithuanie, le ^uye/ devait consacrer au service du maitre deux jours par semaine en été, un par semaine en hiver. Toutefois les agriculteurs étaient considérés comme dignes de protection : des paysans prussiens demi-libres s'étant plaints en 1719 d'un fermier et l'administration ayant déclaré leur plainte injustifiée, le roi écrivit qu'il croyait le contraire, et que ses fonctionnaires avaient de la chance d'être loin de lui, en Prusse, pour piller, voler et mentir. Des édits de mars et juillet 1719 supprimèrent le servage pour les sujets des domaines en Prusse et en Poméranie postérieure ; un autre de 1 730 les dispensa dans la principauté de Minden de travailler sur les propriétés ^Vorwerke) des nobles. Des mesures furent prises fréquemment pour secourir les misérables dans les campagnes, donner des semences à ceux qui en manquaient, rebâtir les mai-
(1) Cf. un ordre d'avril 1730 d'envoyer à la forteresse des paysans débiteurs du roi, dans le pays de Clèves.