COMMERCE MARITIME
que l'affraiichissement d'une lettre pour Amsterdaiii coûte 2 gvoschcn l|2 (7 sous 1|2), pour la Suède 5 groschen, pour l'Italie ou la Russie 7 ; en comparaison, le tarif des voyageurs qui paient 3 groschen (9 sous) par mille (7 kil. 1/2) et 6 groschen à chaque relai, semble plus modéré, d'autant plus que chacun a droit à 20 ou 30 livres de bagages en franchise.
Le commerce d'outre-mer, qui avait tant préoccupé le Grand Électeur, n'est pas abandonné, mais il végète. En vain Frédéric III menace-t-il les Hollandais de représailles pour leurs pirateries sur la côte de Guinée; il obtient seulement en 1690 la restitution d'Accada, et en 1694 une indemnité de 42 000 florins. Une tentative, en octobre 1688, pour créer à Emden une compagnie américaine, échoue piteusement, et la compagnie africaine, dontRaule reprend la direction en 1690 après en avoir été momentanément exclu (1), passe en grande partie entre les mains d'actionnaires hollandais (1692). Elle prétend alors opérer aux Antilles aussi bien qu'en Aft'ique , et a des démêlés non seulement avec les Hollandais, mais encore avec les Danois à Saint-Thomas et avec les Anglais à Tabago ou à Saint-Eustache. Les corsaires français d'ailleurs n'épargnent pas ses navires, et la situation est très mauvaise à la fin de 1697, en dépit d'un rapport optimiste des directeurs (le 31 janvier 1698), qui est un véritable trompe-l'œil. Malgré cet échec, presque fatal, des visées coloniales, on j>eut dire que Danckelman â eu sur l'essor économique de l'électorat une bienfaisante influence.
Il en est de même dans le domaine intellectuel.
Sans doute l'électeur a des idées étroites en matière religieuse ; nous en possédons un curieux témoignage dans la profession de foi de sa fille, Louise Dorothée Sophie, rédigée à l'âge de quatorze ans, en 1693, et qui contient des expressions d'une naïveté et d'une exagération surprenantes. Le calvinisme ardent et l'esprit formaliste de Frédéric III provoquent de regrettables abus. Les ordonnances pour l'observa-
(1) Au profit de Knyphausen, d'Eberhard Danckelman et de son frère Jean.