LE COMMERCE EXTÉRIEUR
magasins renfermaient du seigle, parfois de l'avoine, non du froment ni de l'orge. On fabriquait avec le seigle un pain grossier, à bon marché, à l'usage des soldats qui l'achetaient de leur bourse en temps de paix, et de la population pauvre. Le pain était d'ailleurs taxé, comme la viande et la bière.
Libre au dedans, le commerce des blés au dehors fut soumis, soit à l'importation, soit à l'exportation, à des règles extrêmement variables. On vit successivement l'importation des blés étrangers interdite en 1725, puis autorisée moyennant des droits élevés, et les blés saxons exemptés des nouveaux droits après le traité de commerce de 1728. Quant à l'exportation des blés indigènes, elle fut rarement interdite, et chaque fois que les récoltes étaient bonnes on s'empressait de l'autoriser, moyennant des droits modérés. L'exportation des blés de la Marche, de Magdebourg et d'Halberstadt par l'Elbe ou par l'Oder ne fut jamais considérable; la principale était celle des blés de Prusse par Kœnigsberg (10 à 19 000 Lasten, c'est-à-dire de 120 à 230 000 tonnes par an) (l).
Les États du roi, la province de Prusse en particulier, étaient admirablement situés pour le commerce de transit; le système mercantile en empêcha le développement. Quant au commerce extérieur, en général, il ne put guère que végéter. J'ai dit les mesures draconiennes prises contre l'exportation de la laine et l'importation des tissus étrangers ; bien d'autres denrées subirent un sort analogue. Le sel étranger, par exemple, fut traqué impitoyablement, et l'instruction de décembre 1722 (art. 23) en défendit l'entrée sous peine de la corde. Sans doute Berlin demeura le centre d'un commerce assez actif avec la Silésie d'un côté, Hambourg de l'autre, par les voies fluviales et le canal Frédéric Guillaume, mais les sociétés de commerce silésienne, bohémienne, austro-prussienne, qu'il fut successivement question de fonder, ne sortirent pas du domaine des projets. De longues négociations eurent lieu entre Prusse et Autriche pour établir des relations
(1) Une Last valait douze tonnes en moyenne.