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LE ROI ET SES CONSEILLERS MILITAIRES

devint militaire » . Frédéric II nomme Berlin la Sparte du nord.

Durant vingrt-sept ans, Frédéric Guillaume I" ne cessa de - V travailler à accroître, organiser, perfectionner son armée, *édictant de nombreux règlements militaires fKriegsariikel), à l'élaboration desquels il prenait personnellement part, passant des revues régulières, entreprenant dans toutes les provinces de pénibles tournées d'inspection ; il voyait chaque régiment au moins une fois tous les trois ans, et entendait que les choses se passassent toujours partout comme s'il était présent f'flf/^ ich bestlindig luàrej. Était-il satisfait, il embrassait le colonel et les majors, et dînait avec eux ; sinon il repoussait toute invitation. Pœllnitz raconte comment, ayant trouvé en 1739 un régiment poméranien très mal tenu, à Belgard, il refusa de dîner chez son chef, Platen. Le kronprinz, en dépit de ses goûts littéraires, contribua à partir de 1732 au dressage des troupes : officier méticuleux et actif, il exerçait son régiment à Ruppin du matin au soir, payant largement de sa personne; il lui arriva une fois de garder dans la main une queue postiche, en redressant un fantassin (avril 1733). Quelques années après, il répondait aux flatteries de Voltaire sur son régiment, le plus beau de l'Europe: « Je voudrais qu'il fût connu par sa bravoure, et non par sa beauté » (avril 1737). A ce moment, il entretenait une correspondance suivie sur des questions techniques avec le prince d'Anhalt, qu'il considérait comme un grand général auquel a manqué l'occasion de se signaler.

J'ai déjà parlé du vieux Dessau, de l'amitié étroite qui l'unissait au roi, et des services inestimables qu'il lui a rendus. C'est particulièrement en matière militaire que le concours de la » vieille moustache » a été précieux. Sans doute il a encouragé la manie de l'astiquage et de la parade (il a introduit l'usage des guêtres dans l'armée, et Charles XII l'appelait ironiquement « le prince aux gamaches » ) , mais ce petit travers ne doit pas faire oublier la grandeur de son rôle. C'est le prince Léopold qui a fait adopter la marche au pas, qui a

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