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LE CORPS DES OFFICIERS

d'une fois être cassés ensuite, et il fallut renoncer au projet.

Si les gardes du corps comptaient de véritables phénomènes, les autres rég^iments se recrutaient également parmi les hommes de haute taille ; les colonels y mettaient leur amour-propre, et le roi les y aidait : ne faisait-il pas dire en 1725 aux professeurs du collège de Stettin qu'il ne pouvait protéger contre les recruteurs les grands élèves, propres à devenir des chefs de file fFlugelmànnerJ ! Suivant Frédéric II, le plus petit homme de l'armée aurait eu cinq pieds six pouces (1 mètre 81); d'autres témoignages parlent de 1 mètre 76, minimum déjà beau, semble-t-il. Ce qui est certain, c'est qu'il n'y avait pas de petits soldats, et que les jeunes gens grands et robustes devaient se résigner à porter les armes.

A côté de la question du recrutement, beaucoup d'autres sollicitaient l'attention de Frédéric Guillaume 1", notamment la question du commandement. Déjà, avant lui, les officiers étaient absolument séparés des « bas officiers » et soldats; il accentua la distance entre chefs et subordonnés, et contribua à faire de plus en plus du corps des officiers une classe à part, presque une caste. Il se considérait lui-même comme le premier des officiers, et entendait donner à l'uniforme, qu'il portait continuellement, un prestige particulier : un officier exemplaire dans le service pouvait se permettre l'insolence à l'égard du reste des mortels; un bourgeois ayant eu l'audace de regimber, en 1730, fut condamné à faire huit jours de prison, au pain et à l'eau, et. . . des excuses ! Comme plus tard son fils, le Roi-Sergent estimait les officiers seuls capables de certains sentiments; Frédéric II l'a loué d'avoir purgé l'armée de ceux " dont la conduite ou la naissance ne répondait pas au métier de gens d'honneur » . Sans doute, il n'excluait pas les roturiers, laissant à chacun la chance de s'élever par le rang « depuis la pique » ; il favorisait toutefois les jeunes nobles, d'autant plus qu'il leur imposait le service.

Dans « l'Académie de cadets » de Berlin, qui remplaça à partir de 1722 les petites écoles de Magdebourg et de Col-

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