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LES OFFICIERS NOBLES 52T

berg, et compta 300 élèves-officiers, il n'y avait place que pour des nobles, mais ceux-ci étaient réquisitionnés, à peu près comme les simples soldats. Le Testament politique de 1722 conseille d'employer à l'armée les comtes et barons, et de les obliger à faire de leurs enfants des cadets. Un jour, se trouvant à Kœnigsberg, le roi se fit remettre la liste des nobles de la province, entre douze et dix-huit ans, et désigna ceux qui entreraient à l'école de cadets. Toutes les résistances furent brisées : on cite le cas de garnisaires logés chez un von Kleist et une veuve von Below, qui avaient refusé leurs fils. En revanche, on promettait aux cadets une instruction chrétienne, avec les connaissances nécessaires (lecture, écriture, calcul et mathématiques, histoire et géographie, français, escrime, danse et équitation), et tout le confort désirable pour le logement et la nourriture. Ainsi, alors que le 6a«/eWa/ disparaissait, remplacé par une taxe (1) , la noblesse du royaume devenait avant tout une noblesse de service ; cette transformation des Junkers, autrefois si turbulents, en officiers dévoués à la dynastie, fut un des facteurs les plus importants de la fortune militaire de la Prusse.

La réforme du corps des officiers influa fort sur la discipline des troupes. Les hommes, des paysans pour la plupart, se trouvaient au régiment, vis-à-vis de l'officier, à peu près dans la situation où ils avaient été au pays vis-à-vis du seigneur propriétaire; ils n'étaient pas surpris d'être bàtonnés à l'exercice comme à la corvée, ce qui arrivait souvent, les officiers (i n'étant rhétoriciens qu'à coups de bâton » et faisant régulièrement usage de leur jonc d Espagne. D'après une confidence reçue par le suisse Haller, le soldat frappé ne devait même pas regarder d'où venaient les coups ; c'était le Drill dans toute son horreur. Les contemporains se sont émerveillés de la précision des évolutions. Frédéric II compare les mouvements d un bataillon « au jeu des ressorts de la montre la mieux faite » , et Pœllnitz écrit à propos d'un défilé de la

(1) Voir plus haut, chapitre il du livre VI, cette réforme financière, combinée avec l'alloditication des Hefs.

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