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L'ARMÉE ACTIVE

et de reprendre leur ancien métier. Il faut opposer à ce jugement trop optimiste les plaintes d'un Suisse, engagé dans le régiment du prince d'Anhalt, à Halle, et qui en 1726 parlait mélancoliquement des difficultés de son existence : comment se nourrir, se poudrer et s'entretenir pour 8 gros (24 sous) tous les cinq jours !

L'infanterie avait les préférences du roi, qui la regardait à bon droit comme la force essentielle de l'armée : il chérissait ses « enfants bleus » , en particulier son fameux régiment de grenadiers, en garnison à Potsdam (avec un bataillon à Brandebourg jusqu'en 1738), et dont il connaissait personnellement chaque homme. Un régiment avait d'habitude deux bataillons, parfois trois, et de plus une compagnie de grenadiers. Les réformes du vieux Dessau, soit pour la tactique (disposition avec 3 ou 4 files), soit pour l'armement ; perfectionnements apportés au fusil), avaient fait de l'infanterie prussienne un merveilleux instrument de combat. La cavalerie, moins estimée peut-être, n'avait pas été négligée ; elle se composait exclusivement, au début du règne, de cavalerie lourde, cuirassiers et dragons, de grands hommes montés sur de grands chevaux noirs, dont Frédéric II a dit que c'étaient « des colosses sur des éléphants» . Les régiments, à cinq escadrons d'abord, furent mis à dix après 1726, et le roi surveilla particulièrement les remontes. Il créa, d'autre part, la cavalerie légère, en formant avec des Hongrois, en 1721, les deux premiers régiments de hussards. L'artillerie n'était pas considérable; le principal progrès fut la séparation de l'artillerie de campagne, pourvue de pièces légères, et de l'artillerie de siège ou de garnison. L'arme ne disposait que de dix compagnies (à 1200 hommes), réparties entre deux bataillons, que commanda le général de Linger. Le génie ne fut pas oublié (Frédéric II parle d'un corps de trente ingénieurs), et d'imposantes fortifications s'élevèrent, notamment à Wesel, Magdcbourg et Stettin ; le prince d'Anhalt s'en étant occupé activement, à côté du major de Walrawe, un. des forts de Stettin fut appelé en son honneur fort Léopold.

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