TERRITORIALE ET SERVICES AUXILIAIRES
Telle était l'armée active, prête à entrer en campagne au premier signal. A côté, il y eut des troupes de seconde ligne, une sorte de territoriale. Frédéric Guillaume détestait l'ancienne milice qu'il avait supprimée en 1713; il alla jusqu'à en proscrire le nom, par deux ordonnances de février et avril 1718, punissant de 100 ducats d'amende l'emploi des termes milice et militaires, qu'on devait remplacer par ceux de régiments, officiers et soldats. Cette exécution faite pour la forme, il rétablit à peu près la chose, très modestement il est vrai, en organisant dès 1719 quelques régiments territoriaux (LandregimenterJ. Formés d'anciens soldats, astreints à une période de quatorze jours de service par an, ces régiments étaient destinés à occuper certains postes, en l'absence des garnisons; il en existait quatre, en 1740, à Berlin, Magdebourg, Stettin et Kœnigsberg.
Le service de santé restait très défectueux. Les chirurgiens militaires fFeldschererJ avaient beau être astreints à passer certains examens, ils n'étaient encore que de médiocres praticiens, et les malades étaient soignés d'une façon insuffisante. Quant aux vieux soldats, ils n'étaient pas beaucoup mieux traités qu'autrefois : sans doute, les Chambres de guerre et des domaines reçurent l'ordre en 1736 de leur réserver des charges civiles quand ils auraient vingt-cinq ans de service, et la caisse des invalides, créée sous Frédéric I", vit son capital grossir de 136 000 à 300 000 thalers ; mais les invalides furent le plus souvent abandonnés à la charité des municipalités. En revanche, un grand orphelinat fut fondé de 1721 à 1724 à Potsdam pour les enfants de soldats, devenus orphelins ; une collecte générale couvrit les frais de la construction, et le roi dota l'oeuvre généreusement, partie de sa bourse, partie de celle des héritiers de Kraut qu'il taxa de ce chef à 140 000 thalers. Des terres furent achetées de 1727 à 1738 pour l'orphelinat, dont les bâtiments s'agrandirent en 1739, et qui disposa d'un revenu de 60 000 thalers. Il y avait deux établissements (un pour les garçons et un pour les filles), et 2 ou 3 000 enfants pouvaient y être élevés; le roi