‹ Histoire de PrusseChapitre 370 sur 410 · CHIFFRE DES EFFECTIFS · texte numérisé non relu

CHIFFRE DES EFFECTIFS

avait rédigé lui-même un règlement détaillé à cet effet.

Grâce aux réformes opérées et aux mesures de tout genre prises durant vingt-sept ans, Frédéric Guillaume I" était parvenu à créer en Prusse une des plus belles armées du dixhuitième siècle. Il avait trouvé moins de 40 000 hommes à son avènement; il en laissa le double à sa mort, un peu plus de 80 000 (1). C'était là un résultat inouï, aussi étonnant que celui qu'il avait obtenu pour ses finances, et Schmoller a pu constater avec orgueil que la petite Prusse, le dixième des États européens pour l'étendue et le treizième pour la population, venait au quatrième rang pour la force militaire, après la France, la Russie et l'Autriche. La nouvelle armée, infiniment supérieure à celle du dix-septième siècle, avait déjà en une certaine mesure un caractère national, avec des nobles du pays pour officiers, et des recrues indigènes pour une bonne part de la troupe. Les calculs tentés en vue d'établir la proportion des étrangers sont tellement sujets à caution que mieux vaut s'en abstenir; en l'absence de tout moyen probant d'évaluation, c'est lancer des chiffres au hasard que de fixer le nombre des étrangers à la moitié des effectifs avec Ranke, ou aux deux tiers avec Schmoller. Il reste un fait certain, c'est que pour la première fois une armée réellement permanente avait été formée, qui n'avait plus à craindre les réductions périodiques d'autrefois.)

Les contemporains différaient d'opinion sur la valeur de ces troupes. Les ministres étrangers, particulièrement appliqués à la diagnostiquer, se montraient plutôt sceptiques. Le comte de Seckendorf écrivait, par exemple, au prince Eugène, le 27 juin 1725, que l'apparence était magnifique; « mais » , ajoutait-il, » les chevaux, horriblement grands... soutien-

(1) Il est difficile de donner des chiffres exacts et de choisir entre ceux, très différents, qu'on trouve dans les ouvrages ou les documents de l'époque : Frédéric II, parlant seulement des coinbatlants, les évalue tantôt à 72000, tantôt à 76000. Pœllnitz et Mauvillon comptent plus de iOO 000 hommes. Les auteurs modernes, tablant sur des documents variés, n'ont pu se mettre d'accord. Fœrster parle de 89 090 hommes, Lavisse de 83 486, Janv de 81034 et Koser de 83 864.

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