DIFFERENTS DEGRES DE SERVAGE
sont plus ou moins rivés à la terre. Peut-être la venue des colons étrangers, appelés par milliers, a-L-elle accru le nombre des demi-libres [coloni, lassites, etc.) que le droit civil range entre les « vraiment libres » et les « vraiment serfs » (non vere liberijHon vere servi, ralione status prohheris, ratione servitiorum pro servis habendi). Peut-être les nouveaux paysans corvéables fSchariverkhauer) doivent-ils moins de jours de corvée que les anciens. Peut-être la situation des Instleute et des Gartner esteile meilleure que jadis. Le servage de la glèbe n'en demeure pas moins la règle ; les colons des Àemter, en prêtant le serment de fidélité, jurent de n'abandonner leur ferme qu'en mourant [tnit dem TodeJ; quand la prime de libération (Abschoss, Rekogniiionszins ou Los haufgeldj est supprimée en 1 724, et que le sujet peut changer de terre sans payer, il est tenu de" fournir un remplaçant offrant des garanties (ZuverlàssigJ. En outre, au dernier rang des paysans, apparaissent de véritables serfs ( LeiheigenhôrigeJ et cela dans toutes les provinces, bien qu'il y en ait davantage en Prusse, en Poméranie, en Nouvelle-Marche, et dans divers pays de l'ouest (Ravensberg et Glèves; .
Des auteurs ont nié ce servage personnel, analogue à l'esclavage antique, et il est possible que dans la Marche électorale il ait été rare; il existe pourtant presque partout. Les documents et les témoignages des contemporains sont formels : ils attestent le droit du seigneur de vendre ses serfs, sans la terre. Cn rapport du Drost du comté de Ravensberg déclare que la majorité des habitants du plat pays sont des serfs (Leibeigene), soit du roi, soit du clergé, soit delà noblesse, qui vivent pêle-mêle dans les communautés paysannes, car on ne fait pas de différence dans le comté entre les villages du domaine royal et les villages soumis à la chevalerie (28 avril 1716).
Dans l'ensemble, la condition des paysans est triste. Assujettis aux fermiers du roi ou aux nobles, ils peinent pour eux comme des esclaves. Parfois la corvée est illimitée [unbemessen) ; elle est en général de trois ou quatre jours par