RELIGION ET CHARITÉ
S'il lutte contre le rigorisme du clergé dans certains cas, le roi garde le plus grand respect pour la religion. Sa piété est fervente. Il commence ses journées par la lecture d'une méditation d'Amédée Greuzberg, fait dire la prière par un de ses enfants avant chaque r(;pas, et pratique l'ouvrage d'Arndt sur he vrai Chris liants nie. Quand il rétablit la province de Prusse, il estime que son œuvre sera inutile s'il ne fait pas des habitants de bons chrétiens. On lui propose en 1721 d'employer un nommé Meyer qui a été dénoncé comme blasphémateur; il le repousse, parce que « celui qui n'a pas été fidèle envers Dieu le sera encore moins envers un homme comme lui » . Il va régulièrement au sermon le dimanche ; il aime à s'entretenir avec des pasteurs, avec les deux Francke, père et fils, avec Pauli, avec Freylinghausen, venus de Halle, aussi bien qu'avec ses prédicateurs de Berlin et de Potsdam, les Jablonski, les Noltenius, les Reinbeck, les Roloff; il a même des discussions avec des dissidents, comme le comte de Zinzendorf en 1736, et avec des Pères catholiques. Il construit nombre d'églises et conseille à son successeur d'en bâtir également. Il a, il est vrai, sa façon de penser, très originale et personnelle; il dédaigne les vaines controverses, se contente d'un minimum dogm.atique, et désire un christianisme « agissant » (ihliiig); il soutient le piétisme parce qu'il croit y trouver une ardente aspiration à la vie intérieure, tandis que ses enfants, Fritz et Wilhelmine, ont peine à ne pas pouffer de rire aux ennuyeux sermons de Francke. Il veut
(1) Cf. A. B., R. 1, n 72'' (1735-1737).
(2) Je renvoie pour tous les détails au savant livre de M, Pariset, qui a presque épuisé le sujet.