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TOLÉRANCE LIMITÉE

des pasteurs qui touchent les âmes et rejette ceux qui font de l'érudition : « Les savants prédicateurs ne servent à rien » , dit-il à Freylinghausen en 1727. Il n'admet pas tout ce que les réformés croient, la prédestination par exemple; il admet beaucoup de ce que professent les luthériens et même les catholiques, « autant que leurs croyances à tous s'appuient sur l'Écriture sainte et la Raison » .

De cette indépendance de pensée découle une certaine larg^eur d'idées, quoi qu'on ait dit de son étroitesse d'esprit foncière. Sans doute il n'est rien moins qu'un libéral : il a interdit à Jablonski et à Noltenius d'envoyer leurs fils étus '( dier en Ang^leterre, « le pays du péché » ; il a nourri des ■^' préventions aveugles contre les Juifs. On peut néanmoins lui attribuer une tolérance relative et limitée, une tolérance qui s'applique aux chrétiens en général, depuis les dissidents protestants jusqu'aux catholiques ; il la témoigne aux luthériens en particulier. Lui-même est et mourra réformé, mais seulement parce qii'il a été élevé dans cette confession, et que celle-ci doit être tenue dans son royaume pour « religion dominante » , sinon pour religion d'État. Ses sujets sont en majorité luthériens, sa femme Sophie Dorothée est restée luthérienne, et il pense qu'un luthérien, qui se conduit chrétiennement, fera aussi bien son salut qu'un réformé ; ce qui sépare les deux confessions n'est qu'une querelle de frocards (Pfaffengezdnh)^ car Dieu, s'écrie-t-il en 1726, ne demandera pas à un homme, au jour du jugement dernier, s'il a été réformé ou luthérien, mais s'il a observé ses commandements. En 1727, il nie même qu'il y ait de réelles différences pour la doctrine de la grâce, et, afin de le démontrer à Freylinghausen, il lui fait interroger sur ce point scabreux son fils aîné, qui se tire fort mal de l'épreuve.

L'union des deux confessions « évangéliques » a été, de 1 7 1 3 à 1 740 , un de ses vœux les plus chers. Le projet est dans l'air depuis le dix-septième siècle et a été caressé déjà par le premier roi de Prusse. Le bicentenaire de la Réforme, célébré en 1717 par toute l'Allemagne protestante, l'a remis sur le

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