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DÉSIR D'UNIR LES « ÉVANGÉLIQUES

tapis. Des théologiens wurtembergeois Font soutenu dans des écrits publiés à Tubingue et à Ratisbonne, eu 1719-1720: le « corps évangélique » de la diète décide en février 1722 que les protestants allemands ne se qualifieront plus que d'evangéliques, et mettront fin aux polémiques irritantes. Frédéric Guillaume appuie le mouvement de toutes ses forces, avec Jablonski : à plusieurs reprises, notamment en 1719, il interdit les attaques en chaire de luthériens contre réformés, et réciproquement; il cherche à mettre les deux confessions sur le même pied dans les Universités, tout en laissant la prépondérance aux luthériens à Halle et à Kœnigsberg, aux réformés à Francfort-sur-l'Oder et à Duisbourg; il défend un moment aux futurs pasteurs de fréquenter l'Université de Wittemberg qui professe un luthéranisme rigide, et, quand il revient sur la mesure, leur ordonne de passer d'abord au moins deux ans à Halle, où l'enseignement est plus tolérant (1729) ; il encourage de son mieux les simulianea, c'est-à-dire l'exercice simultané dans les églises des deux cultes, luthérien et réformé ; il peste sans cesse contre les « particularistes " . Il correspond, en outre, avec les puissances protestantes, surtout avec le roi d'Angleterre et avec les Suisses, qu'il cherche en vain à détourner d'une formule d'union défectueuse (formula consensus), de 1722 à 1724. L'union absolue et européenne ne peut se réaliser ; le roi s'en rend compte. Il établit du moins dans son royaume la cohabitation des confessions protestantes, y compris celle des huguenots réfugiés, soutient ce qui les unit, écarte ce qui les divise, et impose ainsi une sorte d'unité religieuse. C'est le complément de la centralisation politique et administrative de la Prusse.

Frédéric Guillaume veut disposer en maître de la religion, parce qu'il la considère comme un précieux instrument de règne ; il n'oublie pas qu'il est le chef de l'Église dans son royaume, qu'il y possède le jus reformandi, qui lui permettrait d'expulser ceux qui n'ont pas les mêmes croyances; il a donc toute latitude pour organiser l'administration ecclésias-

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