‹ Histoire de PrusseChapitre 387 sur 410 · L'ASSISTANCE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

L'ASSISTANCE PUBLIQUE

affabilité. Une maison, qui n'a il est vrai pas d'ouvertures sur la rue, a été achetée aux frais de l'État pour le culte catholique à Berlin même ; une chapelle lui est affectée au château de Stettin, une église à Tilsitt. Le roi ne veut pas commettre

« la faute « de Louis XIV; il entend « peupler et non dépeupler 1) ses territoires (1732). Les relations et statistiques montrent les missions catholiques florissantes, en 1740, à Berlin, Potsdam, Spandau, Magdebourg, Halle, Stettin et Kœnigsberg^; le pourcentag^e de la population catholique, très faible en Brandebourg et Poméranie (1 pour 100), ou en Prusse (2,6 pour 100) , est considérable dans certains pays de l'ouest, dans le duché de Clèves (60 pour 100), à Lingen (97 pour 100), en Gueldre (presque 100 pour 100). Les catholiques sont environ 166 000 dans le royaume entier. Bref, nonobstant l'aversion de Frédéric Guillaume pour le

" papisme » , ils font des vœux pour sa longévité, n'augurant rien de bon d'un héritier qui professe le culte de l'Être suprême, se fait recevoir secrètement dans la franc-maçonnerie à Brunswick, en 1738, et correspond avec Voltaire, persiflant à qui mieux mieux « la sainte ampoule « ou « le sacré prépuce » .

En protégeant les Églises, le roi attend d'elles non seulement qu'elles moralisent et disciplinent ses sujets, mais aussi qu'elles viennent en aide aux misérables, sous son contrôle. L'assistance publique (Armemvesen), au dix-huitième siècle comme au dix-septième, n'est certes avant tout qu'une des branches de la police, la mendicité étant poursuivie comme un délit, les mendiants enfermés et forcés de travailler. Toutefois, dans les campagnes comme dans les villes, des caisses des pauvres (ArmenkassenJ se constituent, et dans quelques localités s'élèvent des hôpitaux, des maisons de charité, des orphelinats; les plus célèbres sont les établissements de Francke à Glaucha, près Halle, l'hôpital royal de la Charité fondé à Berlin, en 1727, sur le modèle de l'Hôtel- Dieu de Paris, l'orphelinat de Potsdam. Frédéric Guillaume s'intéresse à ces fondations qui, tout en prenant de plus en

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