LE ROI ET L'ENSEIGNEMENT
plus un caractère laïque et municipal, ont besoin pour vivre des collectes répétées faites par les soins des pasteurs et diacres. Les « œuvres pies i> (jna corporaj^ qu'un édit de novembre 1734 place sous la surveillance des Régences dans les provinces, se multiplient : les orphelinats de Halle et de Potsdam élèvent chacun plus de deux mille enfants; des orphelinats français s'ouvrent à Berlin en 1718, et à Magdebourg^ en 1733; des caisses et maisons de retraite pour les veuves de pasteurs s'organisent un peu partout; une maison (FindelhausJ reçoit les enfants trouvés à Berlin, à partir de 1739.
l'instruction publique
L'enseignement, comme l'assistance publique, tend à se laïciser, mais conserve encore de solides attaches confessionnelles. Les Universités, en dépit des progrès de l'indépendance d'esprit, et aussi de la mainmise de l'État, demeurent plus spécialement les unes réformées (P>ancfort-sur-rOder et Duisbourg) , les autres luthériennes (Ivœnigsberg et Halle) ; les collèges ou « gymnases », comme les écoles populaires, sont étroitement subordonnés aux pasteurs, avec un enseigne' ment avant tout religieux. D'ailleurs l'instruction publique est sous la même direction administrative que la religion : Printzen et Knyphausen d'abord, les chefs du département ecclésiastique emniie (Gocceji, Brandt, Reichenbach) , en sont officiellement chargés.
Avec la tournure d'esprit réaliste de Frédéric Guillaume, l'enseignement supérieur ne devait pas être favorisé. Le roi en sentait cependant la nécessité, pour former au moins ses fonctionnaires, des pasteurs, des médecins et des juristes, sinon de purs savants. Il s'efforça à la fois d'augmenter ses droits de tutelle et de réglementer le travail des maîtres et des étudiants, afin de le rendre plus intense et plus fructueux. A la tête des Universités était généralement, en dehors des curateurs qui géraient leurs fonds, un recteur ou vice-rec-
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leur, élu par les professeurs et assisté d'un Sénat académique; le titre de chancelier n'avait alorsqu'unevaleurhonorifique et ne conférait aucun pouvoir au titulaire (Ludevig^, par exemple, à Halle depuis 1722). A côté du recteur apparut un nouveau personnage, le dù-ecteur, qui fut l'agent de contrôle de l'État : Stryck, Thomasius etBœhmer furent successivement directeurs à Halle, et J. J. Moser le fut à Francfort de 1736 à 1739. La fonction se généralisa plus tard. A l'intérieur des Universités, la division en quatre Facultés subsistait, la Faculté de théologie étant la première par ordre de préséance et constituant avec celles de Droit et de Médecine les Facultés supérieures (Majores), tandis que la Faculté de Philosophie (notre ancienne Faculté des Arts) venait en dernier lieu, sans être moins estimée pour cela.
Lg statut des professeurs et des étudiants, surveillé par des inspecteurs au cours de « visitations » analogues à celles des églises, subit à cette époque de fréquents remaniements. Parmi les ordonnances générales, les plus importantes sont celles du 30 septembre 1718 et du 25 octobre 1735 ; on retrouve dans l'une et l'autre les mêmes recommandations pour encourager les étudiants laborieux et capables, décourager les incapables, imposer un minimum de culture à ceux qu'on admet aux études académiques : connaissance de l'orthographe, de la calligraphie, du latin, d'un peu de grec et d'hébreu, de l'histoire et de la géographie, faculté de s'exprimer clairement dans la langue ordinaire. En outre, les enfants du pays ( Landes kinderj doivent apporter des certificats des établissements où ils ont étudié auparavant; ils doivent éviter le jeu, la boisson, les rixes, et choisir un professeur qui les surveillera et leur inculquera la crainte de Dieu. 'iÇ^ D'autres règlements, spéciaux à chaque Université, sont beaucoup plus détaillés : règlements du 4 juin 1721 pour l'Université de Francfort, du 18 octobre 1732 pour celle de Kœnigsberg, du 25 novembre 1730 pour celle de Halle (1).
(1) Cf. A. B., R. 5i, n 5 ; R. 7, n 187 et 191 ; R. 52, n 159 1.