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ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

La correspondance du saxon Manteuffel avec Wolff contient des lettres intéressantes à ce sujet, et, en gfénéral, au sujet de la situation des Universités prussiennes. Celle de Francfort, où le roi sollicitait Wolff de venir s'établir, était assez riche puisqu'elle envoyait à Halle 1 100 thalers par an, pour parfaire le traitement de deux professeurs ; néanmoins Manteuffel dissuade Wolff de «■ s'embarquer dans cette galère » ; il ajoute qu'en Prusse « on n'aime les savants qu'en tant qu'ils peuvent servir à augmenter les revenus des accises » , qu'on y agit souvent par des voies de fait (ce que Wolff n'ignore pas) , qu'on y donne facilement des chaires u à des bouffons déclarés » , qu'enfin « la barbarie y gagne de plus en plus de terrain» (juin 1739). Dans une autre lettre, Manteuffel rappelle le cas du professeur de droit Heineccius, qui refusait de quitter Francfort pour Halle, et qu'on y a forcé, en menaçant de le faire conduire « par un détachement de fantassins » . Il se demande, en janvier 1740, si le roi, voyant la décadence de V Académie de Francfort, ne finira pas par la supprimer entièrement. On peut conclure, sinon avec Frédéric II que les Universités ont été « délaissées " sous le Roi-Sergent, du moins avec Manteuffel qu'elles ont été tenues sous une rude tutelle et souvent maltraitées.

De l'enseignement secondaire, donné au dix-huitième siècle dans les écoles latines et les « gymnases » , Frédéric Guillaume s'est peu occupé. Un nouveau règlement fut pourtant élaboré, en janvier 1718, pour le collège de Joachimsthal à Berlin (1) : l'emploi du temps y est minutieusement déterminé, depuis le lever à cinq heures du matin jusqu'au coucher à huit ou neuf heures du soir, selon la saison (car c'était un internat) , mais on n'y rencontre aucun détail sur le programme des leçons qui est resté ce qu'il était, avec le souci prédominant d'inculquer aux élèves des principes religieux et moraux (Ordre du roi du 24 octobre 1713). Parmi les gymnases les plus florissants, il faut citer, avec ceux de

(1) Cf. A. B., R. 60, n i.

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