SCIENCES, LETTRES ET ARTS
La politique scolaire du roi fait prévoir son attitude à Y', l'égard de la haute culture. Lui qui faisait de ses bouffons des présidents d'Académie ou des chanceliers d Université, lui qui trouvait naturel de ridiculiser ses professeurs, lui qui regardait livres et objets d'art comme des choses de luxe, ruineuses, comment aurait-il pu encourager la poursuite désintéressée d'un idéal scientifique ou artistique ! 11 ne comprenait pas qu'il fallût consacrer 1 000 thalers par an à l'entretien de la Bibliothèque royale; la somme fut donnée à un général. S'il prit à partir de 1713 une série de dispositions pour qu'un exemplaire de tous les livres imprimés dans le royaume fût déposé à la Bibliothèque de Berlin, cette heureuse innovation, déjà ordonnée par son père, ne fut réalisée que parce qu'elle ne coûtait rien. S'il mania lui-même le pinceau et fit de la peinture (quelle peinture, hélas!), ce fut uniquement comme diversion à ses souffrances, durant ses accès de goutte. Les Muses, à vrai dire, furent bannies de sa cour, sauf des lieux où le prince royal et sa sœur se livraient à leurs chères études littéraires et musicales, avec l'angoisse continuelle d'être découverts et rudoyés.