LE BILAN DES RÈGNES PRÉCÉDENTS
augmenter au bout d'un an ceux dont il sera content ; cette action personnelle lui attirera la reconnaissance de ses serviteurs et sujets, (I car un souverain qui veut gouverner avec honneur dans le monde doit faire lui-même toutes ses affaires " . Après les finances, l'armée sera le premier objet de ses soins, afin de tenir » la balance » en Europe, et d'inspirer respect aux amis, crainte aux ennemis. Le devoir des rois de Prusse est de poursuivre la gloire de leur dynastie en même temps que la prospérité de leurs peuples ; chacun s'y est déjà employé ; le bilan des règnes précédents en est la preuve. (1 L'électeur Frédéric Guillaume a donné à notre Maison sa floraison et sa croissance légitimes; mon père lui a apporté la dignité royale; pour moi, j'ai mis le pays et l'armée en état. A vous, mon cher successeur, de continuer l'œuvre commencée par vos prédécesseurs, de faire valoir vos prétentions et d'acquérir les territoires qui appartiennent à notre Maison de par Dieu et notre droit. Priez Dieu et n'entreprenez jamais de guerre injuste ; mais n'abandonnez pas ce à quoi vous avez droit » . Il y a dans ces lignes du Testament politique de 1722 un résumé, concis et véridique, des services rendus à la Prusse par les Hohenzollern depuis un siècle ; il s'y trouve aussi une phraséologie politico-religieuse qui est caractéristique : si Fritz l'a dédaignée, d'autres l'ont reprise, plus ou moins hypocritement, au dix-neuvième siècle et au vingtième.
Pour n'avoir pas la foi de Frédéric Guillaume, le kronprinz n'en sera pas moins un disciple fidèle. Il a été à une rude école; il en a affreusement souffert; il en a aussi profité. Depuis sa tentative d'évasion, il a fait courageusement son apprentissage politique et militaire : par ses études d'économie agricole et financière à Giistrin, il a gagné le pardon; par son zèle de colonel à Ruppin, il a conquis le cœur du roi. Même en dehors de la » garnison chérie » , dans son petit château de Rheinsberg, où il a cru vivre en pleine idylle, il n'a jamais perdu de vue l'avenir, ni les réalités du présent. Les instructions reçues lors de la campagne de 173i n'ont